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Macro-économie / Taux / Zombie / Entreprise / France / europe

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L’inflation multipliera-t-elle les entreprises zombies ? / Leur nombre explose déjà depuis une décennie

Aides d’État obligent, l’économie a été inondée de liquidités ces dernières années et les entreprises zombies ont vu leur nombre croître ; elles représenteraient désormais 4,7 % des sociétés cotées. Le cabinet Kearney avance que leur nombre a progressé de 250 % depuis 2010 et de 10 % depuis 2020.
Locaux à louer. Francois HENRY/REA
Locaux à louer. Francois HENRY/REA

Une véritable bulle qui pourrait exploser à la figure de l’économie mondiale. Le nombre d’entreprises zombies, les sociétés dont l’Ebitda est insuffisant pour faire face aux intérêts de leurs dettes, a atteint une taille colossale ces dernières années. Dans la dernière publication du cabinet Kearney à ce sujet, il est question de "500 milliards de dollars à risque", et passé ce chiffre brut il ne faut pas oublier les effets de second tour. Le spécialiste américain du conseil en stratégie prévient qu’il "existe en effet un danger additionnel pour les créances auprès de fournisseurs, de prêteurs, ou de salariés (pensions de retraite) qui ne seraient pas honorées en cas d’insolvabilité. "

Des risques qui pourraient d’autant plus devenir réalité que la hausse actuelle des taux d’intérêt va mettre sous pression nombre d’entreprises. Kearney a en effet procédé à des simulations de "stress tests", prenant en compte différentes hypothèses de hausse de taux d’intérêt, qui sont assez alarmants. Une hausse de moitié des taux d’intérêt entraînerait ainsi un passage des intérêts financiers des entreprises de 1,5 % en moyenne à 2,25 % et le "nombre d’entreprises zombies cotées augmenterait de 17 % (2 333, soit 5,5 % au total vs. 4,7 %)". Et plus la hausse des taux d’intérêt sera forte plus ces chiffres augmenteront.

 

Un Hexagone sous pression

 

Le Vieux continent et la France ne paraissent pas pouvoir échapper à cette dynamique et sont même qualifiés comme "particulièrement vulnérables face à la hausse des taux d’intérêt. En cas de hausse des taux d’intérêt de 50 %, la part en Europe [des entreprises zombies] monterait à 6,3 % (vs. 5,5 % en 2021)."

Ce qui ne serait bien entendu pas sans conséquence pour la situation française qui est jugée comme "encore moins bonne", où le scénario "le moins défavorable avec des taux d’intérêt 1,5 fois plus élevés, aboutit à une part de zombies de 7,3 % (vs. 7 % en 2021), quand des taux d’intérêt 2 fois plus élevés aboutiraient à une part de 7,7 %. "

 

Retour vers le passé


Ces soucis du moment sont la résultante d’erreurs du passé "dans certaines économies" où une " mauvaise allocation du capital se reflète également dans la hausse du nombre d’entreprises zombies au cours d’années qui ont vu à la fois le PIB et les taux d’intérêt baisser.", explique le cabinet. Il s’avère que pendant cette période "des fonds capitaux ont été investis dans ces sociétés fragiles, ainsi artificiellement maintenues en vie.", ajoute-t-il. Un manque de clairvoyance qui aboutit donc à fragiliser aujourd’hui l’ensemble de l’économie, les erreurs de cette période se répercutant potentiellement avec d’autant plus de force qu’elles ont été importantes.

Le mécanisme à l’œuvre est d’autant plus inquiétant qu’une "infirme partie" des entreprises zombies "ont réalisé leur redressement ou leur retournement" ces dernières années. Un indice, selon Kearney, que "la plupart des législations relatives à l’insolvabilité des entreprises se révèlent in fine inefficaces. "

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