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Banques / Régulation / Fusions & Acquisitions / Politique européenne / europe / Union bancaire

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Régulation / Fusions & Acquisitions / Politique européenne / europe / Union bancaire

Les fusions-acquisitions bancaires européennes : quel avenir ?

Si le marché bancaire américain a su se consolider après la crise financière, l’industrie européenne est restée à la fois nationale et fragmentée. Les dernières rumeurs de M&A dans la zone euro et l’ambition affichée de changement des décideurs européens relancent le débat sur l’intégration financière européenne. Un vaste chantier législatif.
Union bancaire - illustration
Union bancaire - illustration

Depuis quelques mois, nombreuses sont les rumeurs de presse autour de rapprochements entre des banques européennes. Au mois de juin dernier, WanSquare était de ce fait revenu sur le bruit émis par le Financial Times d’une fusion franco-italienne entre la Société Générale et UniCredit. Bien que ce projet de rapprochement semblait davantage être l’affaire de discussions stratégiques entre les dirigeants respectifs des deux banques, ce bruit de couloir n’est pas isolé, et en dit long sur « la fièvre des fusions acquisitions », comme le dénomme S&P Global Ratings dans une récente note intitulée Fusions-acquisitions dans la banque européenne : plus de paroles que d’actions

Au-delà du cas de la SocGen et de son homologue italien, la rumeur répandue - en juin également - par l’agence Bloomberg d’un mariage entre la Deutsche Bank et la Commerzbank a également fait couler de l’encre. Finalement, la perspective d’un tel scénario a rapidement été minimisée alors que les deux banques traversent de persistantes difficultés. Moins de quinze jours avant, c’étaient les Britanniques Barclays et Standard Chartered qui étaient la cible des spéculations issues de nouveau du très sérieux Financial Times. Devant le refus des dirigeants à commenter les rumeurs, toutes ces pistes divisent.

Mais bien qu’une consolidation bancaire peine à se dessiner, l’intérêt porté à de potentielles acquisitions transfrontalières s’est indéniablement accru. Et pour cause, nombreux sont les décideurs européens à s’être prononcés de manière favorable sur des fusions acquisitions européennes, relançant par ailleurs les discussions concernant le « too big to fail », concept qui stipule que la taille des institutions financières doit être limitée, au risque de conséquences systémiques désastreuses pour l’économie.

« Nous avons besoin de plus de rapprochements bancaires. […] J’aimerais voir des fusions dans les douze mois. Je suis une personne optimiste », déclarait l’an dernier la présidente du comité de supervision des banques européennes Danièle Nouy lors d’un colloque sur la supervision bancaire à Francfort. Suivie en novembre 2017 par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau : « Des consolidations transfrontalières saines et solides permettraient aux banques de mieux diversifier leurs risques dans l'ensemble de la zone euro et d'orienter plus efficacement l'épargne vers l'investissement productif », affichant lui aussi clairement sa position lors d’une conférence de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Mais rien n’est encore fait. Malgré de substantiels allégements réglementaires, la consolidation bancaire paneuropéenne continue de se heurter à de nombreux obstacles législatifs.

Le sujet ne date pas d’hier. Depuis 2007, la zone euro n’est jamais parvenue à harmoniser sa législation bancaire, chacun préférant faire cavalier seul. Et si le potentiel d’intégration bancaire à l’échelle de l’Europe existe certainement, les variations juridiques au sein de l’UE et la réglementation prudentielle dissuasive freinent considérablement les avancées. Les législations fiscales, les préférences des consommateurs et les critères de sélection des créanciers sont très spécifiques d’un pays à l’autre. Autant de caractéristiques qui empêchent le partage de systèmes et processus opérationnels. D’autre part, les nouvelles prérogatives prudentielles sont souvent contraignantes notamment sur les seuils à respecter en matière de fonds propres et de liquidités.  

Pourtant, en plus d’être une bonne nouvelle sur le plan symbolique, la consolidation bancaire européenne renforcerait la compétitivité de la zone face aux géants américains. Déjà, quelques mouvements d’harmonisation législatifs sont à noter. Par exemple, la centralisation de la réglementation et de la surveillance bancaire au sein de l’UE, l’arrivée de l’Autorité bancaire européenne, la création du mécanisme unique de surveillance (MSU) ou encore celle du conseil de résolution unique (CRU). Les perspectives d’un paysage bancaire européen harmonisé s’améliorent grâce à des efforts conjoints bien que de nombreux chantiers persistent. Et dans ce contexte, le Brexit apparait être une opportunité idéale pour mesurer la poursuite de l’intégration du marché bancaire.

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