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Guerre commerciale / Etats-Unis / Donald Trump / europe
Guerre commerciale : l’Europe, prochaine cible ?
Après les propos optimistes de Donald Trump lors de la visite du vice-Premier ministre chinois Liu He fin janvier, l’ambiance est désormais bien plus morose du côté de Washington. Jeudi, le Président américain a confirmé qu’il ne rencontrerait pas son homologue chinois, Xi Jinping, lors de son déplacement en Corée et avant la date butoir du 1er mars. Mais de l’avis des experts, un accord définitif de cette envergure est impossible à officialiser sans une poignée de mains entre les deux dirigeants. L’alternative serait donc de repousser cette date présentée au départ comme ferme et définitive, ce qui a été envisagé par un membre de l’administration. À l’heure actuelle, tous les scénarios sont sur la table : dans le meilleur des cas, une ébauche de consensus au 1er mars permettait de prolonger les discussions et d’annuler les tarifs douaniers en place, et dans le pire scénario les conseillers protectionnistes du Président obtiennent une augmentation des tarifs douaniers, qui impacterait lourdement les deux économies.
Mais la guerre commerciale est loin de se limiter aux désaccords entre US et Chine, et l’Europe pourrait bientôt être à nouveau en ligne de mire du protectionnisme américain. Car le département du Commerce américain doit rendre un rapport sur les importations automobiles et la sécurité nationale, et pourrait recommander d’instaurer des tarifs douaniers sur les voitures européennes. Dans un tel cas, la Maison Blanche aurait alors 90 jours pour répondre et décider ou non de mettre en place ces tarifs. C’est en tout cas le scénario envisagé par certains économistes, dont UBS, qui prévoit l’imposition d’une taxe de 25 % sur les importations de voitures (et non les pièces détachées), dont serait victime l’Union européenne qui n’a pas négocié de statut privilégié comme le Mexique ou le Canada. "Il nous semble que si les gens étaient inquiets de la guerre tarifaire avec la Chine, ce serait une autre raison de s’inquiéter", selon Seth Carpenter, chef économiste US chez UBS.
Les discussions ont déjà été chaotiques entre les deux puissances lors du traité transatlantique, pour lequel l’Europe a refusé d’inclure les produits agricoles, en raison des différences de réglementation. Or, étant donné que les investisseurs ont déjà mal vécu les tensions commerciales entre États-Unis et Chine dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale, un nouveau front ferait sans aucun doute dévisser les marchés mondiaux. Or, c’est bien l’argument qui pourrait avoir le plus d’influence sur le Président américain : Donald Trump s’est longtemps flatté d’avoir provoqué l’impressionnant rallye boursier postérieur à son élection, et s’est longtemps appesanti sur la santé de l’économie américaine lors de son discours sur l’état de l’union. Dans un contexte de préparation à la prochaine échéance de 2020, il pourrait donc être tenté de consentir à un accord et se poser en faiseur de deals, plutôt que l’auteur d’une coûteuse guerre protectionniste.
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