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Politique économique / Donald Trump / Guerre commerciale

Politique économique
Donald Trump / Guerre commerciale

La guerre commerciale pèse sur les exportations de la zone euro

L'indice IHS Markit manufacturier pour la zone euro dévoilé ce matin révèle que les nouvelles commandes ont stagné au mois de juillet, en raison du ralentissement de l'expansion des ventes à l'export, qui ont affiché leur plus bas niveau depuis août 2016. La conséquence directe des inquiétudes des entreprises quant à la hausse des droits de douane.
Donald Trump
Donald Trump

La hausse des tarifs douaniers sur les produits chinois et américains n'a beau avoir été mise en oeuvre que depuis début juillet, cela fait déjà plusieurs mois que le simple climat de tensions commerciales entre les deux principales puissances mondiales a des répercussions sur les ventes des entreprises du Vieux Continent. Et le climat de guerre commerciale pourrait bien être l'un des principaux facteurs de ralentissement de la croissance cette année, comme ne cesse d'ailleurs de le répéter le président de la BCE, lors des conférences de politique monétaire. Eurostat a d'ailleurs dévoilé hier matin un PIB en hausse de 0,3% seulement au deuxième trimestre après avoir atteint 0,4% entre janvier et mars. Il est peu probable que l'économie se redresse sensiblement au second semestre, vu l'enlisement des tensions entre la Chine et les Etats-Unis.

A ce titre, l'enquête ISH Markit sur l'industrie manufacturière en zone euro pour le mois de juillet dévoilée ce matin souligne un début de second semestre assez décevant, qui laisse penser que le coup de mou pourrait perdurer en deuxième partie d'année : car si l'indice a légèrement progressé, passant de 54,9 à 55,1, ce niveau reste faible au regard de ceux observés en début d'année et demeure le deuxième plus bas depuis novembre 2016. Une croissance de la production décevante, qui découle en grande partie du ralentissement des nouvelles commandes, dont le taux n'a pas évolué par rapport au mois de juin, selon IHS Markit. Les nouvelles commandes ont en effet été freinées par un ralentissement des ventes à l'export, qui ont affiché en juillet leur plus faible rythme depuis août 2016. En cause, "des perspectives économiques incertaines", selon IHS Markit, mais surtout "les inquiétudes des entreprises quant à la hausse des droits de douane et l'émergence de guerres commerciales" selon les entreprises interrogées lors de l'enquête. Il faut dire que la zone euro se trouve prise en étau entre la Chine et les Etats-Unis, qui représentent 20% de ses exportations. La croissance des nouvelles commandes en provenance de l'étranger a ainsi ralenti en Italie, aux Pays-Bas, en Grèce et en Irlande, tandis que les ventes à l'export se sont repliées en France et en Autriche. "Le très léger rebond de l'indice PMI enregistré en juillet n'offre guère de motif de réjouissance, le secteur manufacturier de la zone euro affichant sa deuxième plus faible croissance depuis plus de dix-huit mois", affirme ainsi Chris Williamson, Chief Business Economist chez IHS Markit. Et les perspectives pour les prochains mois ne sont pas très encourageantes, puisque le degré de confiance des entreprises est à de ses plus faibles niveaux depuis plus de deux ans. 

Sachant que les tensions entre les deux géants ont encore monté d'un cran si l'on en croit l'information parue hier soir dans le Washingtonn Post : le  Président américain envisagerait désormais une taxe de 25% sur 200 milliards de biens chinois importés, contre 10% jusqu'à présent envisagé. Si les marchés américains ont bien réagi à l'annonce de la nouvelle estimant que la Chine serait contrainte de reprendre les négociations, ce n'est malheureusement pas la façon dont les autorités chinoises ont accueilli la nouvelle : le ministre des Affaires étrangères chinois a ainsi affirmé que son pays se défendrait face aux menaces commerciales américaines, et que les Etats-Unis ne parviendraient à rien par le chantage. "Si les Etats-Unis continuent de faire monter la pression, nous prendrons des mesures de rétorsion pour faire valoir nos droits et nos intérêts", a ainsi déclaré le porte-parole du ministre Geng Shuang ce matin. Certes, Jean-Claude Juncker est revenu des Etats-Unis la semaine dernière en affirmant avoir trouvé un compromis commercial avec le pays, ce qui devrait du moins préserver les échanges entre le Vieux Continent et les USA. Mais d'une part, les termes de cet accord doivent encore être affinés, et les Etats européens pourraient émettre des conditions qui seront refusées par les Américains. Et d'autre part, toute escalade des tensions entre la Chine et les USA aura des répercussions sur le commerce mondial dans son ensemble, dont l'économie européenne risque de faire les frais. 

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