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Sondage / Guerre commerciale / investisseurs
La guerre commerciale pèse sur l'optimisme des investisseurs
Si l'ex-président de la Fed Ben Bernanke estime que l'économie américaine devrait continuer de croître fortement ces prochains mois, de même que l'actuel président Jerome Powell, les investisseurs sont visiblement plus prudents. Et pour la première fois depuis le début de l'année 2016 au moment de la crise boursière chinoise, les gérants de fonds interrogés tous les mois par Bank of America Merrill Lynch ont déclaré ne pas s'attendre à une accélération de la croissance dans les 12 prochains mois. Principal motif d'inquiétude chez les gestionnaires d'actifs, la guerre économique entamée par Donald Trump, qui pour 60% des sondés représente le risque de déstabilisation des marchés le plus important.
Il faut dire que le sondage a été réalisé entre le 6 et le 12 juillet soit, au moment de la surenchère entre la Chine et les Etats-Unis, où ces derniers avaient menacé de taxer 200 milliards de dollars de produits chinois supplémentaires. Les inquiétudes des gérants interrogés (à la tête de plus de 542 milliards de dollars d'actifs) concernant les perspectives économiques mondiales ont été confortées en début de semaine par la publication des nouvelles prévisions de croissance du FMI : certes l'institution n'a pour l'instant pas revu à la baisse ses anticipations (elle prévoit toujours 3,9% de hausse du PIB mondial pour 2018). Mais son économiste en chef Maurice Obstfeld a clairement affirmé que si les tensions commerciales s'intensifiaient, elles auraient un impact négatif sur la confiance, les marchés et l'investissement et représentaient donc à court terme "la menace la plus grande pour la croissance mondiale".
Cette méfiance des investisseurs les a naturellement incités à revoir leur stratégie d'allocation : toujours selon le sondage, une majorité d'entre eux a réduit son exposition au marché actions au profit des marchés émergents et des obligations. Michael Harnett, le stratégiste en chef de BofA reste confiant de son côté : le contexte commercial étant le principal facteur de repli des investisseurs, si les tensions s'apaisaient, les gérants pourraient rapidement revoir leurs positions à la hausse. "Si la guerre commerciale n'a finalement pas d'impact réel sur la croissance mondiale et les profits des entreprises, alors les investisseurs pourraient de nouveau se montrer plus optimistes lors des prochaines enquêtes", conclut le stratégiste de BofA.
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