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Macro-économie / Taux / investisseurs / Bain / Etats-Unis

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Les investisseurs américains plébiscitent la France mais…

Selon la 19e édition du baromètre AmCham-Bain sur le moral des investisseurs américains en France, notre pays est majoritairement perçu comme plus attractif que ses voisins européens. Mais il sera indispensable de poursuivre le cap des réformes pour conserver cet attrait.
Paris - France - Tour Eiffel
Paris - France - Tour Eiffel

Le contexte dans lequel a été réalisée l'enquête de l'AmCham (Chambre de Commerce Américaine en France) et Bain sur le moral des investisseurs américains en France aurait pu être fatal : ces derniers ont effectivement été interrogés pour la 19e édition de ce baromètre annuel, entre début décembre 2018 et mi-janvier 2019. Soit en pleine crise des gilets jaunes. Ce qui aurait clairement pu peser sur le sentiment des entreprises US vis-à-vis de l'Hexagone, alors que l'image du pays en 2017 n'avait jamais été aussi bonne, un an après l'élection d'Emmanuel Macron. Malgré le climat social très tendu de fin d'année dernière, la France est parvenue à conserver son attrait, en dépit d'un léger tassement à la fois dû au durcissement du contexte social mais aussi aux tensions sur la scène mondiale et européenne.

"L'attractivité de la France aux yeux des maisons mères américaines a atteint un taux record de 56 % d'opinions positives de la part des investisseurs et au sein de l'Europe", souligne ainsi Valérie Barreau, présidente de l'AmCham. Autre point saillant de l'enquête en revanche, 30 % seulement des répondants estiment que l'évolution du contexte économique dans les trois prochaines années, aurait un impact positif sur leur secteur d'activité. En 2017, ils étaient près de 75 % à avoir répondu par l'affirmative. Cette apparente divergence de réponses montre que si la France profite des réformes du travail et fiscales menées depuis le début du quinquennat Macron, elle devra à tout prix poursuivre sur le même rythme pour ne pas perdre son attrait retrouvé.

Dans le détail, cette enquête, menée auprès d'un millier d'entreprises américaines représentant 52.000 emplois en France et réalisant autour de 50 milliards de chiffre d’affaires souligne également que notre pays se distingue favorablement par rapport à ses voisins européens : plus d'un investisseur américain sur deux perçoit l'Hexagone comme plus attractif que les autres États de l'UE, invoquant notamment des incertitudes liées au Brexit, à l'après Merkel ou au budget italien. Autre indicateur du relatif degré de confiance des investisseurs US dans le pays : des perspectives d'emploi qui restent bien orientées (42 % d'entre elles pensent embaucher dans les 2 à 3 ans). Par ailleurs, si 14 % des investisseurs américains recommandent la France comme terre d'investissement (soit une légère régression par rapport à 2017 où ce taux atteignait 21 %), le nombre de détracteurs du pays a également reculé (passant de 33 % à 29 % l'an dernier). "Le nombre de détracteurs est en baisse, ce qui montre que la perception de la France s'est améliorée, même si le climat social a un peu pesé sur le sentiment des investisseurs", note ainsi Marc-André Kamel, associé chez Bain.

Sans surprise, et comme depuis plusieurs années, c'est l'environnement culturel, la qualité des infrastructures françaises et de la main-d’œuvre qui sont le plus citées comme des atouts pour s'installer en France aux yeux des investisseurs américains. Et sans surprise non plus, le coût de la main-d’œuvre, des procédures de licenciement et le manque de souplesse du temps de travail font partie des principales faiblesses de l'Hexagone pour les entreprises US, qui déplorent aussi un régime fiscal trop lourd pour les sociétés étrangères. Pour autant, 86 % des investisseurs interrogés ont salué l'impact des réformes gouvernementales, estimant qu'elles ont eu un impact positif sur les investissements étrangers ; et 2/3 des sondés ont plébiscité le rythme des changements structurels réalisés depuis deux ans.

Deux sujets d'inquiétude tout de même pour une majorité d'entreprises US : la dette publique et le risque de remontée des taux d'intérêt, cité par 77 % des sondés, et le climat social cité par 84 % d'entre eux. "La dette française est à son plus haut niveau et une remontée des taux en 2019 est inéluctable à cause de la politique américaine. C'est une mauvaise équation", a ainsi affirmé un associé interrogé lors du baromètre. Par ailleurs 53 % des cadres interrogés ont déclaré être inquiets à court terme des conséquences d'une potentielle guerre commerciales entre les USA et l'Europe, et 29 % craignent les effets d'un tel conflit à plus long terme.

Quelles sont dans ce contexte et vu les réponses au baromètre les recommandations de l'AmCham pour que la France demeure une destination d'investissement privilégiée pour les Américains ? Tout d'abord, le pays devra renforcer sa compétitivité fiscale, notamment grâce à une harmonisation au niveau européen, qui permettra de mettre fin aux distorsions de concurrence qui pèsent sur la France. Le pays devra par ailleurs à tout prix renforcer la lisibilité et la prévisibilité de son système fiscal avec notamment un allègement des charges à poursuivre. "La France doit absolument poursuivre l'abaissement de l'impôt sur les sociétés et atteindre le taux de 25 % à 2022 qu'elle s'est fixé", explique ainsi la présidente de l'AmCham. Autre chantier pour la France : miser sur la qualité de sa main-d’œuvre en assouplissant l temps de travail et en offrant plus de flexibilité aux entreprises. Enfin, le pays devra accroître son effort de formation, notamment dans le digital, afin d'accentuer ses capacités d'innovation.

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