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Italie dette taux 10 ans obligations

Macro-économie / Taux / obligations / Dette obligataire / Italie / Marchés / investisseurs

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Les marchés sont trop optimistes sur la dette italienne

Pour la première fois de son Histoire, l'Italie se finance à moins de 1 % sur 10 ans. Si les marchés ont salué l'apaisement des tensions politiques, ils se montrent en revanche trop optimistes sur l’économie italienne qui est au point mort et devrait y rester.                  
Rome - Italie
Rome - Italie

Les investisseurs ont massivement acheté des titres de dette italienne à la suite de l'annonce de la nouvelle coalition de gauche du gouvernement. Le rendement des obligations souveraines à dix ans est tombé à son plus bas historique hier après-midi. En trois jours, le 10 ans italien a perdu 350 points de base pour chuter à 0,929 %.

Si le taux d'emprunt décennal est passé sous la barre des 1 % c’est que le président du Conseil sortant, Giuseppe Conte, a promis qu’il ferait des propositions "dans les prochains jours" pour former une nouvelle coalition entre le Mouvement 5 Étoiles et le Parti démocrate. Une alliance à laquelle Sergio Mattarella, le Président de la République italienne, devrait donner son approbation tant il souhaite contrebalancer le pouvoir du ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, qui s'appuie sur son triomphe aux dernières élections européennes. L’apparition d’un nouveau cabinet réunissant la gauche modérée et la gauche radicale a pour but de créer une véritable force d’opposition à la Ligue du Nord. Et les marchés se sont empressés d'applaudir la nouvelle y voyant la promesse de stabilité politique tant attendue.

S’il est compréhensible que les marchés soient rassurés sur le volet politique, il est en revanche plus étonnant que les investisseurs aient montré leur apaisement d’un point de vue économique et budgétaire. Même si le gouvernement italien se résout à être plus sérieux concernant les finances publiques, ce n’est pas les quelques milliards d’euros d’économies qui vont améliorer la situation du pays. Avec une croissance économique à la cave qui pointe à 0 % et aucun signe ne laissant entrevoir que les perspectives devraient s’améliorer à court terme, le pays est encore englué dans un cercle vicieux.

L’enlisement italien n’est pas un simple phénomène conjoncturel, le pays transalpin souffre de graves problèmes structurels. Sur les deux dernières décennies, la productivité italienne a stagné, les entreprises ont largement sous-investi et ont perdu massivement des parts de marché sur la scène internationale. Un cocktail explosif qui laisse désormais place à un tissu économique morcelé.

Si les marchés ont eu raison de saluer l’émergence d’un renouveau politique, ils se sont toutefois montrés bien trop optimistes sur l’économie italienne qui n'a en fait que très peu de bonnes nouvelles à offrir dans les prochains mois.

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