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L'importance des titres à rendement négatif

Politique monétaire / obligations / taux négatifs

Politique monétaire
obligations / taux négatifs

La planète financière sens dessus dessous

À l’heure actuelle, les experts économiques ne dénombrent pas moins de 12.168 milliards d’euros d’obligations qui offrent des rendements négatifs, soit près d’un cinquième de l’ensemble des titres de créances émis à travers le monde.
Euronext - Bourse - marchés - salle des marchés - surveillance room- IPO
Euronext - Bourse - marchés - salle des marchés - surveillance room- IPO

Le monde financier tourne à l’envers. Ce n’est pas tout à fait nouveau. Mais aujourd’hui cela prend des proportions inédites. Rendez-vous compte que la valeur totale des obligations qui offrent des taux négatifs atteint désormais le montant de 12.168 milliards d’euros. Cela signifie que tout cet argent profite deux fois aux débiteurs. D’abord en leur offrant des ressources importantes. Ensuite en leur permettant d’encaisser des produits financiers et non des charges d’intérêts.

En l’espace de six mois ce volume d’obligations à taux négatif a doublé. Au point de représenter aujourd’hui 23 % de la capitalisation obligataire mondiale. Et il s'agit là d’un calcul fait à partir des seuls taux nominaux. Si l’on prenait en compte les taux réels, donc corrigés de l’inflation, le pourcentage serait aujourd’hui bien plus important.

Pourquoi en sommes-nous là aujourd’hui ? À notre avis il y a deux raisons principales. D’une part, il y a l’importance des incertitudes géopolitiques, qui alimente la volatilité des marchés et le climat de risque. François Villeroy de Galhau y a largement fait allusion dans son intervention sur C News il y a deux jours, évoquant notamment les multiples épées de Damoclès liées au regain de tensions commerciales un peu partout dans le monde. À cela s'ajoute naturellement l'attitude accommodante et renouvelée des banques centrales. Ce n'est pas un hasard si la première forte vague des achats d'obligations - qui a poussé à la baisse les rendements, faisant ainsi apparaître des taux négatifs - remonte à l'automne dernier, lorsque les marchés, craignant un ralentissement de la croissance mondiale, se sont placés dans un climat d'aversion au risque. En conséquence, les achats de titres refuges ont commencé et beaucoup de capitaux se sont portés - à perte - sur les bons du Trésor américain et le Bund allemand.

Ce montant record d’épargne mondiale placé à perte témoigne d’une aversion au risque rarement vue. Il y a des tensions géopolitiques fortes. On l’a vu hier dans le détroit d’Ormuz. Il y a des tensions commerciales inédites. Il y a des craquements dans les démocraties occidentales. Et il y a aussi des marchés d’actions qui se situent à niveau élevé. Peut-être trop élevé. Avec l’abondance de ces IPO à des prix irrationnels. À un moment où un autre il faudra bien que celui qui prête de l’argent soit récompensé de son risque par un intérêt positif. La planète financière cessera alors de tourner à l’envers. Mais le mouvement de bascule fera inévitablement des dégâts.

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