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Les rendements obligataires s'enfoncent encore et toujours
Les rendements obligataires européens à 10 ans ont atteint un nouveau point bas hier en séance. En témoignent le Bund allemand qui est descendu à -0,61 % et les obligations assimilables du Trésor français qui ont chuté à -0,35 %. Ces nouveaux records s’expliquent par l’aversion au risque des investisseurs mais aussi par la réglementation macroprudentielle qui se durcit.
Il est indéniable que la montée des relations diplomatiques mondiales joue un rôle central. Du conflit sino-américain à celui entre le Japon et la Corée du Sud, en passant par les incertitudes liées au Brexit ou la bataille navale grandeur nature que se livrent Washington et Téhéran, tout est réuni pour que le cocktail soit explosif. Et cela n’a pas manqué. Les investisseurs craignant que les marchés actions dévissent, ils se réfugient alors sur l’obligataire - notamment européen - qui s’enfonce chaque jour un peu plus en terrain négatif.
Mais l’aversion au risque des investisseurs n’explique que la partie conjoncturelle de la variation des taux obligataires. Elle ne rend pas compte de la tendance structurelle puisque, si à long terme les rendements sur les emprunts d’États tendent à s’affaisser, cela provient en fait essentiellement de la réglementation macroprudentielle instituée par les règles de Bâle III, qui vont d'ailleurs être amenées à se durcir (Pour lire un article sur ce sujet, cliquez ici). Les établissements bancaires ont tout intérêt à acheter des obligations d'États, considérées sans risque pour éviter d'accroître les fonds propres qui leur sont requis pour des investissements risqués.
Pour améliorer la résilience en cas de choc financier, les institutions bancaires ont été contraintes d’augmenter leur volume de capitaux propres en fonction des risques encourus. Pour ne citer que les banques françaises, elles ont plus que doublé leurs capitaux propres à 296 milliards d'euros depuis la dernière crise financière, selon les derniers chiffres Banque de France. Les institutions bancaires sont soumises au fameux Risk-Weighted Assets (RWA) qui les oblige à pondérer le risque de chaque actif de leur bilan pour déterminer le volume de capitaux propres qui leur est exigé. Or, la pondération des obligations d'État est nulle. Les banques boostent ainsi la demande du marché obligataire faisant plonger le coût de financement de la dette des États européens.
Finalement, même si tous les éléments conjoncturels finissent par s'apaiser, la réglementation macroprudentielle qui ne cesse de s'étoffer, continuera de compresser les taux des obligations d'État.
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