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Villeroy de Galhau enfonce le clou sur Bâle 3

Banques / François Villeroy de Galhau / bâle III / Banque de France

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François Villeroy de Galhau / bâle III / Banque de France

Villeroy de Galhau enfonce le clou sur Bâle 3

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a contesté ce matin les hypothèses d'impact négatif sur la croissance formulées par la fédération bancaire européenne en cas d'application de nouvelles mesures liées à «Bâle 3».
François Villeroy de Galhau - Banque de France
François Villeroy de Galhau - Banque de France

La fédération bancaire européenne a publié vendredi dernier les conclusions d'une étude réalisée par l'institut Copenhagen Economics soutenant qu'un nouveau durcissement réglementaire pénaliserait les établissements bancaires du Vieux continent, entraînant une hausse des taux de crédit et une baisse des investissements. Selon cette étude, la croissance européenne pourrait perdre 0,4 point de pourcentage sur le long terme. Ces travaux ont fait bondir le gouverneur de la Banque de France qui a déclaré ce matin que "les règles de sécurité n'empêchent pas la croissance de l'économie. Ce que l'on nous raconte là-dessus n'est pas du tout sérieux".

Le garant du système bancaire français a été plus loin en jetant une ombre sur le travail de l’institut danois. "Ces chiffres sont extrêmement fragiles, heureusement ça n'aura pas cet effet négatif" ni sur la distribution du crédit, ni sur la croissance, a assuré François Villeroy de Galhau. "Aujourd'hui, un certain nombre de voix s'élèvent des deux côtés de l'Atlantique, souvent des voix bancaires, pour dire il ne faut pas transposer cet accord", a-t-il développé. Avant d’ajouter : "Prendre la responsabilité de ne pas transposer Bâle 3, ce serait très grave parce que ce serait céder à la tentation de l'oubli dix ans après la crise financière (...) et puis ce serait augmenter les risques d'instabilité financière parce qu'on réduirait à l'échelle mondiale ces règles de sécurité renforcées".

Les banques européennes multiplient les mises en garde contre les dernières modalités d'un vaste éventail de réformes dites "Bâle 3", engagées après la crise financière de 2008-2009 et négociées au niveau international. Le dernier volet vise à définir certaines règles de calcul des risques présents dans les bilans des banques et à réduire les disparités en la matière d'un établissement ou d'un pays à l'autre.

Des négociations doivent s'ouvrir d'ici à mi-2020 pour transposer cet accord dans le droit européen. Selon une estimation préliminaire de l'Autorité bancaire européenne, la transposition en l'état des accords de Bâle pourrait augmenter en moyenne de 24 % les exigences en capital pour les banques européennes, soit un montant de 135 milliards d'euros.

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