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Politique économique / Banque de France / François Villeroy de Galhau / euro

Politique économique
Banque de France / François Villeroy de Galhau / euro

La Lettre du gouverneur de la Banque de France à Emmanuel Macron

"N'attribuons pas à l'euro les bénéfices qu'il n'a pas créés, et ne l'affublons pas des maux dont il n'est pas responsable". François Villeroy de Galhau est venu balayer ce matin la fameuse plainte sur la hausse du prix de la baguette de pain et la récente étude d'un think tank allemand sur le coût de l'euro pour les Français.
euros -pièces
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Comme chaque année au moment du Printemps, le gouverneur de la Banque de France présente sa Lettre au Président de la République, l'occasion d'exposer les acquis et les défis à venir.

Ce matin François Villleroy de Galhau a choisi le thème de l'euro en cette période d'anniversaire. À l’inverse du bilan établi par une étude récente du Centre de politique européenne de Fribourg qui a calculé une perte nette de 56.000 euros pour chaque Français depuis l'arrivée de la monnaie unique - dont le gouverneur conteste les fondements -, il a fait état d'effets positifs. 

D'abord sur la hausse des prix. "Elle est passée de près de 5 % en moyenne pendant les vingt années qui ont précédé l'introduction de l'euro, à 1,7 % au cours des vingt dernières années : les prix augmentent beaucoup moins depuis l'introduction de l'euro". La fameuse plainte du prix de la baguette de pain n'est pas motivée puisqu'en la rapportant au salaire moyen par tête, son prix a baissé de 9 % depuis 2001, selon les chiffres Eurostat cités par le gouverneur. Fin 2001, vous pouviez acheter votre baguette 67 centimes d'euros en moyenne, alors qu'elle en vaut 90 centimes aujourd'hui en moyenne sur le territoire. Sans l'euro (c'est à dire si l'inflation était restée la même qu'à l'époque du Franc), elle vaudrait désormais 1,53 euro...

Ensuite, "l'euro a assuré la stabilité des financements à travers la baisse très nette des taux d'intérêt [...] C'est vrai d'abord pour l'Etat, ensuite pour les contribuables". De fait, le spread de taux à 10 ans entre la France et l'Allemagne a diminué de 1,5 point de base depuis le Traité de Maastricht et s'est stabilisé, "faisant économiser chaque année au moins 35 milliards d'euros sur la charge de sa dette". En France, le taux nominal des nouveaux crédits à l'habitat est en moyenne descendu de 5,6 % en décembre 1998 à 1,5 % en décembre 2018.

Oui, "notre compétitivité s'est dégradée en raison d'un coût unitaire du travail croissant". Mais "notre pays en a tiré les enseignements, par exemple grâce à l'instauration du Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE)". Oui, la baisse des taux a facilité la montée continue de notre dette publique. "Mais notre tendance au déficit est historique. L'Allemagne et les Pays-Bas par exemple ont su améliorer leurs finances publiques depuis l'euro". 

Concernant les défis sur lesquels François Villeroy de Galhau cherche à attirer l'attention du Président maintenant. Primo, le gouverneur appelle à un renforcement de la solidité grâce à une adaptation de la politique monétaire accommodante à la durée du ralentissement actuel.

Secundo, sur la répartition de la prospérité. "La convergence Nord Sud, et avec elle la confiance mutuelle, ont régressé depuis la crise [...] Ici, le meilleur partage de l'excédent d'épargne - 340 milliards d'euros mobilisables - serait aussi décisif que les mécanismes publics en cours de discussion".

Tertio, il faut affirmer la souveraineté de la monnaie unique. "Après avoir assuré sa reconnaissance interne en Europe, l'euro devrait aujourd'hui gagner en importance internationale, et ce d'abord pour des raisons géopolitiques évidentes de souveraineté européenne". "N'attribuons pas à l'euro les bénéfices qu'il n'a pas créés, et ne l'affublons pas des maux dont il n'est pas responsable", conclut-il. 

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