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Macro-économie / Taux / Dette obligataire / Entreprise / euro

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Dette obligataire / Entreprise / euro

Les Yankees se précipitent sur la dette en euros

Selon Dealogic, les entreprises américaines ont emprunté un montant record de plus de 100 milliards d’euros l’an passé. Les Coca-Cola et autres IBM ont profité de la politique accommodante de la BCE pour diversifier leur exposition en devises.
Drapeau américain - Etats-Unis - bar
Drapeau américain - Etats-Unis - bar

Les obligations émises par des entreprises dans une devise étrangère ont toutes trouvé un nom exotique : obligations Samouraï au Japon, Bulldog au Royaume-Uni, Panda en Chine, Kangaroo en Australie ou Yankee aux États-Unis. À l’inverse, la dette contractée en euros par des entreprises américaines est appelée “yankee inversée”, et a été à l’honneur en 2019. Selon les données de Dealogic, les sociétés américaines ont emprunté un total de 101,7 milliards d’euros l’an passé, soit plus de deux fois les 42 millions émis en 2018 et un record historique. Le groupe de technologie médicale Medtronic a été le plus ambitieux, avec une obligation de 12 milliards d’euros, mais d’autres grands noms comme IBM (5 milliards d’euros) Coca-Cola (3,5 milliards) ou Verizon (3,08 milliards) sont également allés chercher des liquidités en euros l’an passé.

Certes, le marché total des obligations non-financières en euros a lui aussi bondi l’an passé : 450 milliards d’euros, soit une augmentation de 38 % sur un an. Mais l’appétit des groupes américains a été le plus important, le pays passant même en première place des pays d’origine de ces emprunts, devant l’Allemagne (83 milliards d’euros) et la France (68 milliards, en hausse de 30 % en 2019), et loin devant le Royaume-Uni (25 milliards).

La raison est évidente : le rendement des obligations non financières en euros est en moyenne inférieur de 2,38 points à celui des obligations en dollars sur l’ensemble des maturités, selon les données d’ICE Bank of America-Merrill Lynch. Le marché a bénéficié de la politique accommodante de la Banque centrale européenne, qui a repris ses rachats d’actifs en novembre dernier pour y inclure plus de titres et a tiré les rendements à la baisse. Une aubaine pour les entreprises américaines, qui même en prenant en compte le coût de change d’euros en dollars, obtiennent des rendements inférieurs de 15 points de base, voire 25 points de base, au niveau de l’obligation à 10 ans en dollars.

L’intérêt des groupes américains pour la dette européenne n’est pas nouveau. Mais la nouveauté vient de ce que ces opérations ne servent plus seulement à financer leurs opérations ou de potentielles acquisitions sur le Vieux Continent, mais simplement à se refinancer à meilleur compte et à plus long terme, même si elles n’ont pas d’opération sur place. Cependant, le rythme des émissions d’obligations en euros devrait ralentir en 2020, selon les spécialistes, en raison du ralentissement des M&A et des niveaux de trésorerie record des corporates.

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