Banques / BCE / Christine Lagarde / François Villeroy de Galhau / banquiers centraux / Donald Trump
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BCE / Christine Lagarde / François Villeroy de Galhau / banquiers centraux / Donald Trump
L'indépendance de la BCE sera-t-elle négligée ?
À quelques semaines de l'arrivée controversée de Christine Lagarde à la tête de la BCE, le fruit de la toute aussi débattue alliance d'Angela Merkel et d'Emmanuel Macron, François Villeroy de Galhau est venu rappeler ce matin la nécessaire indépendance des banquiers centraux aux pouvoirs politiques.
Aujourd'hui, et à la veille du G7 Finance qui se tiendra à Chantilly et où les ministres débattront entre autres de la stabilité de la monnaie, les fonctionnaires de haut niveau célèbrent par ailleurs le 75ème anniversaire de la signature des Accords de Bretton Woods lors d'une conférence de haut niveau à la Banque de France. C'est dire si l'actualité consent à des déclarations au sujet des politiques monétaires. Et c'est à cet exercice que le gouverneur de la Banque de France s'est prêté ce matin, mettant un grand coup de pied dans la fourmilière de la Maison Blanche, qui cherche par tous les moyens à assouplir la stratégie monétaire de Jerome Powell.
François Villeroy de Galhau, qui est par ailleurs membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a prévenu l'audience. Les politiques monétaires sont uniquement guidées par la stabilité des prix et la gestion de la demande contracyclique. "Elles ne ciblent pas les taux de change", comme veut le croire le Président des États-Unis qui accuse la Banque des banques européennes de manipulations. Et elles sont indépendantes des anticipations de l'inflation qui s'effondrent sur les marchés, sur fonds de rendements obligataires négatifs, censés annoncer une récession proche.
Ces déclarations rassurent. Car l'indépendance politique de la BCE est essentielle à la réalisation de son objectif principal de maintien de la stabilité des prix, comme le prouvent de nombreuses données empiriques et analyses théoriques. Si les gouvernements exerçaient un contrôle direct sur les banques centrales, les dirigeants politiques pourraient être tentés de modifier les taux d’intérêt à leur avantage afin de favoriser la croissance économique à court terme ou d’utiliser la monnaie de banque centrale pour financer des mesures populaires, ce qui serait très préjudiciable à l’économie sur le long terme. Parmi les commandements qui guident l'indépendance de l'institution, il est écrit que la BCE ne doit pas solliciter ou accepter des instructions venant d'une institution, d'un gouvernement ou d'un autre organisme de l'Union.
C'est pourquoi l'arrivée prochaine de Christine Lagarde à la tête de la BCE, analysée par tous comme "le choix de Macron" a de quoi décrédibiliser le discours pourtant sensé du gouverneur. Elle qui, lorsqu'elle était ministre des Finances, a été reconnue coupable de négligence dans l'arbitrage de l'affaire Bernard Tapie. Il y a peut-être une chose qui rassure, c'est que Jerome Powell parvient à conserver son indépendance, bien qu'il a lui aussi été placé à la tête de la Banque centrale par le Président.
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