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Politique monétaire / banquiers centraux / banques centrales / Politique monétaire

Politique monétaire
banquiers centraux / banques centrales / Politique monétaire

Est-il possible de prédire les futures décisions monétaires ?

Malgré toute l'indépendance institutionnelle dont bénéficient les banques centrales, les décisions monétaires possèdent un caractère prédéterminé par le biais idéologique de chaque gouverneur.  
Banquier - illustration - finance - Londres - Angleterre - Grande-Bretagne - salaires - rémunérations - paie
Banquier - illustration - finance - Londres - Angleterre - Grande-Bretagne - salaires - rémunérations - paie

Les banquiers centraux, aussi prestigieux soient-ils, ne peuvent chasser leur naturel sans le voir revenir au galop. D'après les travaux de la Banque de France, il est possible de déterminer les convictions de chaque gouverneur en matière de politique monétaire selon l'idéologie du lieu d'étude qu'ils ont fréquenté. Cela permet notamment d'anticiper la direction que suivra une banque centrale lors du mandat de son président.

En analysant le comportement de la Réserve fédérale américaine de 1960 à 2015, la Banque de France met en lumière qu’il existe des banquiers centraux adeptes du maintien des prix appelés "faucons" et d’autres gouverneurs moins friands de la rigueur inflationniste privilégiant ainsi la croissance nommés "colombes". Et la détermination de leur orientation politique provient du lieu où ces derniers ont réalisé leur parcours universitaire. L’idéologie de l’école fréquentée déteint sur les préférences des banquiers centraux. Ce concept a bien été compris par les Présidents américains qui se sont succédé. C’est la raison pour laquelle les Républicains ont généralement nommé à la tête de la Fed des gouverneurs perçus comme des "faucons" qui sont plus enclin à mener une politique monétaire cohérente avec le pouvoir politique en place. À l’inverse les Démocrates se sont majoritairement tournés vers des banquiers centraux désignés comme des "colombes". 

Dans le domaine monétaire, deux grandes écoles s’opposent. Celle de Chicago - dont le célèbre monétariste Milton Friedman en est l’emblème - qui est d’inspiration libérale défendant l’idée que le rôle des banques centrales n’est autre que de veiller à la stabilité des prix. Et les écoles d’inspiration keynésiennes - dont Robert Solow le grand théoricien de la croissance en est l’effigie - qui sont attachées à ce que les banques centrales soutiennent la croissance économique et maintiennent le plein-emploi au détriment d’une plus grande volatilité de l’inflation. Selon l’idéologie enseignée dans chaque université, il est possible de prédire la trajectoire que suivront les banquiers centraux. En témoigne l’Université de Princeton, berceau de la "nouvelle économie keynésienne" qui a vu passer dans ses couloirs Paul Volcker ou encore Ben Bernanke qui ont tous deux été des gouverneurs plutôt "colombes". Par opposition, l’université de Columbia qui a accueilli le "faucon" Alan Greenspan dispense un enseignement libéral de l’économie.

Le passé professionnel des banquiers centraux est également un indicateur pertinent quant à leur vision de la sphère financière. Les gouverneurs ayant déjà été au service du secteur financier sont associés à des politiques de dérégulation trois fois plus conséquentes que ceux n’ayant pas fréquenté ce secteur.

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