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Inflation / banques centrales
L'inflation a-t-elle vraiment disparu ?
L’inflation est le principal risque qui pourrait menacer la stabilité économique, c’est ce qu’a confirmé Frédéric Leroux, le responsable équipe Cross Asset chez Carmignac à l’occasion de la conférence trimestrielle de la firme de gestion de patrimoine, ce matin.
La particularité dans laquelle se trouvent les banquiers centraux est qu’il existe à la fois un risque chronique de déflation dans les pays de l’OCDE mais également la possibilité d’un emballement des prix soudains dus aux effets des politiques monétaires expansionnistes.
Alors que les banques centrales cherchent à retrouver de la crédibilité en ré-ancrant les anticipations d’inflation près de la cible des 2 %, elles devraient de nouveau avoir recours à des instruments d’assouplissement monétaire pour atteindre leurs objectifs. Comme en témoignent les données collectées par Bloomberg ce mois-ci, les marchés anticipent une baisse de 17 points de base du taux directeur de la Banque centrale européenne contre une hausse de 3 points en décembre 2018. Du côté américain, les marchés prévoient maintenant une chute du taux directeur de 72 points de base contre une augmentation de 46 points en décembre de l’an dernier.
Si les marchés disent vrai, rouvrir la porte aux politiques non conventionnelles sera source d’angoisse. Car faire tourner la planche à billets de manière excessive n’est jamais neutre. Plus les banques vont injecter de la liquidité dans l’économie en faisant gonfler leur bilan plus le risque d’une envolée de l’inflation devient probable.
La question est alors de savoir pourquoi le retour de l’inflation est-il autant minimisé ? La réponse tient à un double phénomène structurel. Le premier est la bonne dynamique de la productivité. Comme l'affirmait le prix Nobel d’économie, Robert Solow "on voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de la productivité". Cela n’est plus vrai aujourd'hui. L’essor de l’intelligence artificielle a permis de relancer les gains de productivité notamment aux États-Unis où le rendement horaire du travail a progressé de 2,4 % sur les douze derniers mois, soit son plus haut niveau depuis 2010. Tant que la productivité sera robuste, l’offre de biens et services augmentera suffisamment pour ne pas créer de tensions sur les prix. Le second phénomène relève du vieillissement démographique, comme l'a présenté Carmignac lors de sa conférence ce matin, la relation entre l’inflation et le vieillissement de la population est très solide, les pays ayant une forte proportion de personnes âgées ont de faibles taux d’inflation.
Tant que les éléments structurels sont réunis pour que l’inflation reste durablement à la cave, les pays de l’OCDE sont immunisés contre de potentielles pressions inflationnistes. Une situation certainement préférable à un retour trop brutal de l’inflation qui pourrait entraîner la faillite d’un grand nombre d’acteurs économique dont certains États.
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