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Macro-économie / Taux / or / banques centrales

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La frénésie des banques centrales pour l’or se poursuit

Selon le rapport du World Gold Council, les banques centrales ont acquis pour 145,5 tonnes d’or sur le seul premier trimestre de cette année, soit une hausse de 68 % sur un an et la plus forte progression de leurs réserves en or jaune depuis 2013. Une frénésie pour le métal précieux qui traduit l’inquiétude des banquiers centraux concernant la conjoncture.
lingot
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L’ensemble des institutions internationales a revu ses prévisions de croissance à la baisse pour 2019 depuis le début de l’année, bien que des signaux encourageants soient apparus du côté de la Chine ces dernières semaines et alors que les États-Unis ne montrent pour l’instant aucun signe de ralentissement. Il n’empêche, ce contexte d’incertitude économique, lié notamment au conflit commercial entre Pékin et Washington et au report de six mois du Brexit, a conduit les banques centrales mondiales à se prémunir contre une crise économique potentielle. Elles ont donc rempli leurs poches d’or à rebord ces trois premiers mois de l’année, selon le rapport trimestriel que le World Gold Council (WGC) qui vient d’être publié. Ainsi, la demande globale en métal jaune a atteint 1.053,3 tonnes entre le premier janvier et le 30 mars, soit une hausse de 7 % sur un an, largement soutenue par les achats de banques centrales, et dans une moindre mesure, par ceux des ETF.

Dans le détail, les banques centrales ont donc accru leurs investissements dans l’or de 68 % sur un an au premier trimestre, à hauteur de 145,5 tonnes, ce qui représente la plus forte hausse trimestrielle depuis 2013, et un montant nettement supérieur à leur niveau d’achats trimestriels moyen, de 129,2 tonnes, selon le WGC. En 2018, déjà, les banques centrales avaient sensiblement augmenté leurs réserves en métal jaune, de 74% sur un an (+651,5 tonnes). Principal motif ayant de nouveau conduit les banquiers centraux à gonfler leurs réserves en or depuis le début de l’année, les incertitudes liées aux tensions commerciales, un ralentissement économique, et un environnement de taux très bas "qui a continué de peser lourdement sur l'esprit des gestionnaires des réserves" ce trimestre, explique le WGC. La Banque centrale russe a été la plus grosse acheteuse ces trois premiers mois, à hauteur de 55,3 tonnes et a continué de se débarrasser en contrepartie de ses réserves en obligations américaines, afin de dé-dollariser son portefeuille. La Chine a elle aussi accru ses emplettes en métal jaune, (+33 tonnes au premier trimestre), même si la PBoC ne représente que 2 % des réserves mondiales d’or pour l’instant. Selon les chiffres du WGC, les États-Unis demeurent les premiers détenteurs de métal jaune, à hauteur de 8.133,5 tonnes d’or (soit 75% de ses réserves totales), suivis par l’Allemagne (3.369,7 tonnes), le FMI (2.814 tonnes), l’Italie (2.451 tonnes) et la France, qui figure donc en cinquième position. L’Hexagone n’a quasiment pas accru ses investissements dans le métal jaune ce trimestre, puisque ses réserves d’or représentaient 2.436 tonnes à la fin du mois de mars (soit 61% de ses réserves globales), contre 2.435 tonnes à la fin décembre 2018. Ce qui représente environ 80 milliards d'euros et 4 % du PIB de l'Hexagone. Soit 15 jours de production nationale, selon les calculs de la Banque de France.

Autre enseignement intéressant de ce rapport trimestriel, le léger ralentissement des achats de bijoux en or sur le Vieux Continent (-1%), en raison du ralentissement économique prévu. En revanche, les investissements de particuliers en lingots et pièces d’or, qui constituent un placement refuge traditionnel en période d’incertitude justement, ont sensiblement progressé, de 10 %, à hauteur de 44 tonnes. La demande a été particulièrement forte en Grande-Bretagne, dans le contexte du Brexit, puisqu’elle a progressé de 58 % sur trois mois à hauteur de 3,6 tonnes soit l’équivalent de 149,5 millions de dollars, et la plus forte progression depuis 2002.

Pour le même type de raisons, les achats d’or des ETF européens ont sensiblement grimpé, de 112 tonnes soit une progression de 12 % sur un an. "L'investissement européen dans les ETF a atteint un niveau record et les chiffres de ce trimestre suggèrent que les facteurs qui motivent l'investissement - rendements négatifs de la dette souveraine de la zone euro, incertitude géopolitique et volatilité des marchés financiers continueront à soutenir la demande d'investissement. En outre, les banques centrales des deux côtés de l'Atlantique, en suspendant le resserrement de la politique monétaire - et peut-être même en l'assouplissant - sont susceptibles de soutenir l'or", conclut Alistair Hewitt, Head of Market Intelligence au sein du WGC.

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