Macro-économie / Taux / or / Valeurs refuges / banques centrales
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L'or atteint son plus haut depuis 2013
L’or, valeur refuge par excellence, a la cote. Dans un paysage meurtri par des tensions politico-économiques, l’once d'or a atteint un nouveau point haut en cinq ans, son cours dépassant les 1.400 dollars. L'envolée du métal jaune est bien réelle : il enregistre une ascension de 11 % sur un mois et même 4,5 % sur les deux derniers jours. La demande de titres indexés sur l’or a suivi le mouvement mais dans une moindre mesure, en témoigne le SPDR GOLD, le plus important fonds ETF en or, dont le cours a grimpé de 2,4 % sur deux jours. En déclarant que de lourdes menaces pesaient sur la croissance américaine, le discours du président de la Réserve fédérale, mercredi dernier, a profité au métal précieux. Un scénario qui n'est pas sans rappeler celui de l’été 2013, lorsque Mario Draghi avait évoqué les séquelles irrémédiables de la crise des dettes souveraines en zone euro et projeté le cours de l'or.
Certes l’or joue parfaitement le rôle de valeur refuge, à l’instar des obligations européennes et du yen japonais, mais sa progression n’est pas attribuable qu'à la sécurité qu’il offre. Le second facteur déterminant est sa capacité à absorber les surplus de liquidité en circulation. Depuis maintenant une décennie, la baisse des taux directeurs par les banques centrales s’est accompagnée d’une forte augmentation de la base monétaire. Un phénomène nouveau, qui n'a pas d'équivalent dans le passé. Et les récentes déclarations de la Fed et de la BCE, indiquant de prochaines baisses de taux d’intérêt, confirment le regain de croissance de la base monétaire mondiale.
Or, toutes ces liquidités détenues majoritairement par les banques et les fonds d’investissement ont pour but d’être placées et peu de classes d’actifs se révèlent aptes à tenir ce rôle : absorber d'importants flux entrants et sortants, avoir une faible volatilité et préserver le capital investi. De fait, l’or et ses produits dérivés cochent l’ensemble de ces cases, et c’est la raison pour laquelle son cours tutoie des sommets.
Tant que les banques centrales continueront de mener des politiques monétaires ultra-accommodantes, le métal jaune semble donc condamné à gagner en valeur. Un phénomène parti pour durer, au vu des dernières prises de position de la Fed et de la BCE.
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