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Politique monétaire / Inflation

Politique monétaire
Inflation

Le casse-tête de l'inflation

L'inflation et l'inflation sous-jacente en zone euro ont reculé au mois d'août selon les chiffres dévoilés par Eurostat. La BCE ne devrait pas renoncer à la fin des achats de titres pour autant, mais trouver le juste compromis pour faire repartir les prix.
Graphe en baisse
Graphe en baisse

Eurostat a dévoilé ce matin un indice des prix pour la zone euro en léger recul pour le mois d'août, situé à 2% contre 2,1% en juillet. Un niveau a priori convenable aux yeux de la BCE, dont le principal mandat est le maintien des prix à un niveau proche de 2%. Sauf qu'en réalité, l'indicateur le plus important et suivi de près par Francfort est l'inflation sous jacente, qui exclut les produits à prix volatils, et en particulier ceux de l'énergie. Or cet indice là est bien plus faible, et a atteint autour de 1% en août contre 1,1% en juillet.

Preuve que si l'inflation paraît avoir grimpé ces derniers mois, c'est en grande partie en raison de la hausse des prix du pétrole, passé de moins de 65 dollars en début d'année à 78 dollars le baril de Brent actuellement. "Pour que les prix repartent durablement à la hausse, il faut que l'inflation sous-jacente accélère, ce qui ne s'est toujours pas produit pour le moment", explique ainsi Bert Colijn, économiste chez ING. 

Malgré ce léger recul de l'indice des prix, et une inflation hors prix de l'énergie encore très basse, la BCE ne devrait pas renoncer à mettre fin à son programme d'achats de titres en décembre prochain, annoncé depuis six mois déjà et qui constitue le premier signal concret pour les marchés de l'intention affichée par Francfort de sortir du Quantitative Easing (QE). En revanche, la banque centrale devrait attendre que l'inflation sous jacente montre des signes d'accélération réels avant de resserrer les taux directeurs, estime Jack Allen, économiste chez Capital Economics. D'où l'avantage d'avoir à disposition différents outils de politique monétaire, du forward guidance, aux instruments non conventionnels et aux taux directeurs.

L'inflation sous-jacente devrait cependant progressivement repartir dans les prochains mois selon les estimations d'ING et Capital Economics. "Les salaires en zone euro ont accéléré, passant de 1,7% à 2,2% sur un an au second trimestre. Un rythme de croissance inégalé depuis 2012 et qui est un premier signal que l'amélioration du marché du travail commence à impacter les niveaux de salaires", explique ainsi Bert Colijn. Les experts de Capital Economics citent de leur côté des indicateurs PMI bien orientés depuis le début de l'année et bien supérieurs à leur moyenne de long terme. De plus, "les entreprises interrogées lors de ces enquêtes ont déclaré s'attendre à une reprise graduelle de l'inflation", souligne Jack Allen. 

Vu le niveau actuel de l'inflation, Mario Draghi en somme devrait mener les 12 derniers mois de son mandat (le président termine en octobre 2019) avec beaucoup de prudence, et sortir du QE comme il l'a annoncé, sans précipiter la première hausse des taux. Pour l'instant, analystes et marchés misent sur un premier resserrement en septembre 2019; d'ici là, l'inflation sous-jacente devrait effectivement avoir atteint autour de 1,5%. Choisir cette date pour le premier relèvement permettrait aussi au président Draghi d'entamer le resserrement des taux, avant de rendre son tablier. S'il ne le fait pas avant octobre 2019, il sera le seul président de la BCE à ne pas avoir relevé les taux directeurs de tout son mandat...

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