Politique économique / Emploi / Etats-Unis / Inflation / Salaire
Politique économique
Emploi / Etats-Unis / Inflation / Salaire
US : 102 mois plus tard, l’emploi est toujours aussi solide
Voilà un chiffre qui devrait réjouir Donald Trump, lui qui s’était félicité des créations d’emplois record l’an passé, et en janvier dernier. Selon les chiffres du Département du Travail, l’économie américaine a créé 196 000 emplois au mois de mars, contre une moyenne de 177 000 attendue par les économistes interrogés par Bloomberg. Ce chiffre représente surtout un rebond de grande ampleur après le coup d’arrêt de février, lorsque les créations d’emplois sont tombées à 33 000 (selon les données révisées de ce jour), largement impactées par le shutdown de 35 jours subi par l’administration Trump au tournant de l’année. En janvier, l’économie US était sur un rythme record, avec 312 000 ouvertures de postes selon les chiffres révisés. Seule légère déception : l’emploi manufacturier, qui a reculé de 6 000 le mois dernier. "Malheureusement pour le Président Trump, cela va à l’encontre de son discours, selon lequel une position ferme sur les échanges commerciaux et des baisses d’impôts sur les sociétés contribue à soutenir l’emploi", commente ING dans une note.
L’économie américaine a connu 102 mois consécutifs de créations nettes d’emplois, soit un record historique depuis de longs mois maintenant. Et le taux de chômage est quant à lui resté stable à 3,8 % le mois dernier, après avoir touché un point bas de 49 ans à l’automne dernier, lorsqu’il avait atteint 3,7 %. Mais le seul véritable point de ce rapport tient en revanche au ralentissement de la hausse des salaires, qui est revenu à un rythme annuel de 3,2 % contre 3,4 % le mois dernier, signe que le dynamisme sur le front de l’emploi ne se matérialise toujours pas par une pression sur les salaires, et donc de l’inflation.
Il est donc possible de retirer deux enseignements principaux de ce rapport : d’une part, le récent affaiblissement de l’emploi n’était dû qu’à des critères temporaires et exogènes à l’économie, principalement le shutdown et une météo défavorable en début d’année. Il confirme les meilleures données déjà enregistrées ces derniers jours, notamment les meilleures ventes de logements et la hausse de l’ISM manufacturier. Si bien que le marché du travail devrait garder son rythme dynamique dans les prochains mois. "Nous attendons toujours une moyenne de 150 000 à 200 000 créations d’emplois à l’été prochain, étant donné le niveau d’activité économique raisonnable", anticipe ING.
Pour autant, la faible hausse des salaires est la meilleure nouvelle qui soit pour la Fed, puisqu’elle justifie le statu quo qu’elle a adopté en début d’année. Hier, le président de la Fed de New York, John Williams, avait confirmé la patience programmée de la Réserve Fédérale : "la politique monétaire est en bonne place. Les fondamentaux économiques indiquent qu’une croissance plus faible ne veut pas dire que tout est noir". Des propos qui sont aujourd’hui confirmés par les données de l’emploi de ce jour.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

