Indicateurs macros / Emploi / Etats-Unis
Indicateurs macros
Emploi / Etats-Unis
Les États-Unis, toujours rois de l’emploi
Après plus d’un mois sans aucune donnée sur les principaux éléments macroéconomiques américains, le rapport sur l’emploi en janvier a fait l’effet d’une bombe. Et pour cause : l’économie américaine a créé 304.000 emplois au mois de janvier, contre une moyenne de 170.000 attendue par le consensus et un record depuis février 2018. Certes, ce chiffre record s’est fait au détriment des chiffres de décembre, qui ont été réduits de 90.000 à 220.000 emplois, mais il confirme la très bonne tenue de l’emploi américain, même en plein shutdown de l’administration fédérale.
Dans le détail, le taux de chômage est légèrement remonté à 4 %, soit son niveau de juin dernier, probablement en raison de l’impact du shutdown sur les fonctionnaires. Mais c’est surtout le taux de participation qui a impressionné, à 63,2 % soit son plus haut niveau depuis août 2003. Certes, la hausse des salaires sur le mois de janvier est légèrement décevante - 0,1 % sur un mois, contre 0,3 % attendu - mais selon les économistes, elle ne remet pas en cause le phénomène selon lequel l’inflation progressive des salaires a contribué à ramener plus d’Américains sur le marché du travail. Selon ING, ce rapport confirme que "l’économie américaine est en très bon état, les entreprises cherchant désespérément des employés", mais aussi qu’elle "n’a pas été impactée négativement par le shutdown de quelque manière", ce qui est un vrai soulagement.
En revanche, les avis divergent sur l’interprétation à donner à ces chiffres du côté de la Fed. Pour certains, ce rapport dresse un portrait très positif de l’économie US et, s’il était confirmé par une accalmie sur le front des tensions commerciales avec la Chine, pourrait justifier une nouvelle hausse des taux à l’été prochain. "Nous continuons à penser que des fondamentaux solides devraient être suffisants pour convaincre la Réserve Fédérale de relever ses taux d’intérêt une nouvelle fois cet été", conclut la note ING. Le ton est même encore plus optimiste de la part de Capital Economics : "Si la croissance de l’emploi reste aussi forte, il y a encore une chance pour une nouvelle hausse de taux au premier semestre de cette année". Pour BMO Capital Markets, cela jette même l’opprobre sur la dernière réunion de la Fed. "Rien dans ce rapport ne justifie le changement total de communication de la Fed que nous avons reçu cette semaine".
De l’autre côté, certains économistes pointent les faiblesses de ces données pour justifier le "wait-and-see" de Jerome Powell. "La révision de décembre a allégé la pression sur la Fed et lui permet de continuer sur son mode patient", juge Bruce Bittle, chief investment strategist de R, W Baird. Tandis que Robin Anderson, économiste senior chez Principal, se fonde sur la faible inflation. "La croissance modeste des salaires reflète la vue de la Fed sur l’économie. Il n’y a pas beaucoup de pression inflationniste en ce moment, et aucun élément de ce rapport ne va inciter la Fed à une nouvelle hausse de taux dans un avenir proche".
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