Macro-économie / Taux / Emploi / Salaire
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Bonne nouvelle sur le front de l'emploi américain
Après les mauvaises nouvelles venues de Chine et d'Europe ces derniers jours (indicateurs PMI très décevants dans les deux continents), les chiffres de l'emploi américains publiés cet après-midi ont redonné quelques couleurs aux marchés. Le ministère du Travail a ainsi annoncé que 312.000 postes avaient été créés au mois de décembre dernier (le consensus tablait sur 180.000 postes), soit la plus forte hausse depuis le mois de février. Ce qui, selon les analystes, souligne que l'économie américaine a plutôt bien résisté en fin d'année dernière, malgré la chute prononcée des marchés financiers.
Sachant que dans le même temps, le ministère a également annoncé que les salaires avaient progressé de 0,4 % sur un mois et de 3,2 % sur un an, soit leur meilleure performance annuelle depuis décembre 2008. Certes, le taux de chômage a progressé entre novembre et décembre, passant de 3,7 % à 3,9 %. Mais cette hausse est surtout la conséquence de la progression du taux de participation. Ce qui constitue donc également un élément positif aux yeux des marchés.
"Les résultats de ce rapport sur l'emploi devraient temporairement apaiser les craintes des marchés, qui redoutaient que la Fed ne soit obligée de baisser ses taux directeurs, dans un contexte de ralentissement économique", explique ainsi James Knightley, analyste chez ING. Les marchés américains étaient ainsi en hausse de plus de 1 % suite aux annonces du ministère du Travail.
Ces bons chiffres de l'emploi ne permettent pourtant pas de prédire que le marché du travail sera aussi dynamique en 2019 que l'an dernier. Car si 220.000 postes ont été créés en moyenne tous les mois en 2018 soit la meilleure année depuis 2015, plusieurs facteurs pourraient peser sur le marché de l'emploi en 2019, estime James Knitghtley. À commencer par la poursuite de la guerre commerciale, qui devrait peser sur les exportations du pays, et inciter les entreprises à la prudence (et donc à ralentir ou reporter leurs embauches). La force du dollar face aux autres principales devises mondiales ne devrait pas non plus favoriser les ventes américaines à l'étranger, tandis que les effets de la politique fiscale du Président devraient commencer à s'estomper.
Il reste que les salaires continueront de progresser cette année, alors que la proportion d'entreprises ayant déclaré avoir des difficultés à embaucher a atteint un record historique (39 % d'entre elles ont affirmé qu'elles ne parvenaient pas à trouver de candidat, selon les chiffres du National Federation of Independent Business publiés hier). Cette amélioration des salaires aura bien sûr un impact positif sur la consommation, qui représente toujours plus de 2/3 du PIB américain. De quoi compenser la chute de la demande extérieure, espèrent les analystes les plus optimistes.
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