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Les marchés US n’ont pas peur de Trump
Beaucoup de bruit pour rien. C’est le sentiment qui dominait lundi sur les marchés américains concernant les 34 milliards de dollars de tarifs douaniers, qui sont entrés en vigueur contre la Chine vendredi dernier. Alors que beaucoup craignaient que la passe d’armes entre Donald Trump et Xin Jinping ne fasse dévisser la Bourse, les investisseurs semblent finalement sereins. « La crainte était que la Chine réagisse de manière agressive et surenchérisse sur ces tarifs, ou encore qu’elle décide de pénaliser les entreprises américaines actives dans le pays, comme Apple ou Fedex, mais cela ne s’est finalement pas produit », relate Gregori Volokhine, président de Meeschaert Financial Services.
Les marchés n’ont donc pas peur de Trump selon lui, car ils ont choisi de se focaliser sur les derniers chiffres de l’emploi, sortis vendredi et toujours aussi bien orientés, pour clôturer la meilleure séance du mois outre-Atlantique lundi. L’économie américaine a ainsi créé 213.000 emplois au mois de juin et, si le taux de chômage a légèrement rebondi à 4%, c’est parce que les personnes qui étaient sorties de la vie active cherchent de nouveau un emploi. Seule la hausse des salaires, à 2,7% sur un an, s’est avérée décevante, mais cela veut aussi dire que la Fed aura moins de pression pour relever agressivement ses taux afin de contrer une surchauffe de l’économie. Ces bons chiffres sont encourageants pour la croissance au deuxième trimestre qui, selon certains experts, pourrait atteindre la barre des 4% en rythme annuel.
En ligne de mire également, les résultats semestriels des entreprises qui démarrent dès vendredi, avec JP Morgan, Citi et Wells Fargo. Ils devraient refléter ce rebond de la croissance puisque les marchés attendent une hausse des profits de plus de 20% sur le S&P 500. « Les craintes pourraient davantage venir des ‘guidances’ des entreprises, si elles s’alarment du manque de visibilité en raison des tensions commerciales, car les marchés n’ont pas encore intégré cet aspect », fait remarquer Gregori Volokhine. Surtout, « un secteur doit prendre le rôle de locomotive des marchés, et cela pourrait être les financières, qui ont sous-performé ces derniers mois », juge-t-il.
Les titres Goldman Sachs et Citi ont par exemple perdu 16 et 17% depuis mars et offrent des multiples d’entrée intéressants, d’autant que les stress tests ont montré que la Fed était plus encline à relâcher la pression réglementaire sur le secteur. Les résultats semestriels seront donc un baromètre intéressant pour valider la santé de ce secteur qui a tout à gagner du rebond de la croissance et des investissements. Et pour que le Dow Jones, un des seuls indices mondiaux à être déjà dans le vert cette année, soit définitivement le gagnant du millésime 2018.
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