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David Einhorn, le nouveau paria de Wall Street

Le fondateur du hedge fund Greenlight Capital, qui était surnommé « King David », a perdu plus de 11% par an depuis 2014 et a vu la moitié de ses actifs partir en fumée. Surtout, le style mystérieux et flambeur du personnage provoque désormais l’impatience de ses investisseurs.
New York - USA - Etats-Unis
New York - USA - Etats-Unis

Il y a tout juste dix ans, David Einhorn rentrait dans l’histoire lorsqu’il haranguait le directeur financier de Lehman Brothers à propos des maigres provisions de la banque sur ses CDO, quelques mois avant qu’elle ne tombe en faillite. Mais si cet épisode a contribué à forger la réputation du gérant de hedge fund, ce dernier est désormais en bien mauvaise posture. Selon le Wall Street Journal, il a multiplié les mauvais paris depuis trois ans, si bien que sa firme a affiché une perte de 11,3% entre fin 2014 et fin 2017, contre une hausse de 38,3% pour le S&P 500 et de 18,3% pour la moyenne des hedge funds sur cette période, selon Hedge Fund Research. Mais ce sont surtout les méthodes du fonds, et le style de son fondateur qui irritent de plus en plus les investisseurs échaudés par ses piètres performances.

David Einhorn avait pourtant construit une success story qui avait fait de lui l’un des gérants de hedge funds les plus connus et respectés aux Etats-Unis, dont les avis étaient capables de faire flamber ou décrocher un titre en Bourse. Il a créé Greenlight Capital avec 900.000 dollars en 1996 et s’est rapidement illustré en shortant des institutions financières fragiles, affichant de bons résultats. Après de beaux succès comme son short sur Allied Capital en 2002, celui qui obtient le surnom de « King David » décide en 2005 de tirer parti de la forte demande des investisseurs et requiert un engagement de trois ans minimum, suivi de fenêtres de sortie annuelles là où ses concurrents ont des politiques beaucoup plus souples. Surtout, si sa stratégie revient à miser sur des titres sous-valorisés par rapport à leurs résultats – et non sur des cibles de croissance- il est très mystérieux sur ses positions, même avec ses propres clients. Il ne dévoile ainsi que ses cinq plus grosses positions longues tous les mois, et non l’intégralité de ses lignes ou encore les « shorts ».

Le personnage lui-même fait grincer de plus en plus de dents. Car l’homme peut paraître à la fois hautain auprès de ses investisseurs lorsqu’ils veulent en savoir plus, mais n’hésite pas à donner plus de détails à la presse lors d’interviews. En interne, il ne supporterait pas le désaccord, prend lui-même l’essentiel des décisions d’investissement et a du mal à reconnaître ses erreurs. Il cultive en outre un style flambeur, n’hésitant pas à dépenser des milliers de dollars en virées de poker à Las Vegas, ce qui n’est plus trop du goût des bailleurs de fonds depuis la crise, surtout lorsque les rendements ne sont pas au rendez-vous.

Car depuis 2015, Greenlight Capital a cumulé les déboires : cette année-là, le fonds décroche de plus de 20% notamment en raison d’un pari raté sur SunEdison, un producteur d’énergies renouvelables, tandis que le S&P 500 gagne 1,5%. Mais le gérant s’acharne à rester positionné sur des titres « value » et parie contre des grands noms de la tech comme Amazon ou Netflix, des valeurs de croissance qu’il juge surévaluées par rapport à leurs résultats. Las, ce sont les titres qui ont largement tiré la croissance des marchés ces trois dernières années. Si bien que son rendement se chiffre à près de -15% depuis le début de l’année, sans que David Einhorn ne semble vouloir changer sa politique d’investissement. Certains investisseurs ont déjà quitté le navire, excédés par le personnage et ses contre-performances, mais d’autres mettent en lumière son rendement historique de 15% depuis sa création, contre 8,7% pour le S&P 500 et seulement 7,5% pour ses pairs. Enfin, d’autres envisagent une raison plus personnelle : le gérant est en pleine procédure de divorce depuis 18 mois, ce qui perturberait sa concentration.

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