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Facebook / Mark Zuckerberg / investisseurs
Facebook gagnerait à être un peu moins privé
Facebook multiplie depuis plusieurs mois les coups de communication destinés à redorer son blason auprès des régulateurs, des politiques mais aussi du grand public. La dernière en date : le groupe a annoncé une refonte du design de son application et site Web, afin de mettre en valeur les conversations privées entre utilisateurs, ainsi que des publications éphémères, qui disparaissent après 24 heures. Mais cette évolution a été assimilée à un écran de fumée selon ses principaux critiques, qui jugent que le réseau social aura le même accès, et la même monétisation possible sur ses utilisateurs. Mais aussi qu’il ne répond ici pas au problème de vol de ses données utilisateurs dans l’affaire Cambridge Analytica, ou encore la propagation d’informations fausses ou déformées, qui ont sali sa réputation dans la foulée de l’élection présidentielle américaine.
Le groupe de Mark Zuckerberg montre en tout cas sa volonté d’évoluer et de se conformer à une éventuelle nouvelle régulation. A cet égard, il avait crevé l’abcès en annonçant la semaine dernière, lors de ses résultats trimestriels, qu’il provisionnait 3 milliards de dollars en cas d’amende de la part de la Federal Trade Commission, le régulateur antitrust américain, pour avoir violé les règles d’un décret sur le consentement sur les informations privées. Selon la presse américaine qui avait ébruité cette option dès février, celle-ci pourrait même atteindre 5 milliards de dollars. Mais les discussions vont bon train et selon les dernières rumeurs, l’accord prévoirait la création d’un comité dédié à protéger les informations privées de ses utilisateurs, ainsi que la nomination d’un contrôleur externe en accord avec Facebook et la FTC. Le réseau social nommerait également un chef de la compliance, qui pourrait être Mark Zuckerberg.
Facebook semble donc prêt à modifier substantiellement sa gouvernance pour l’adapter à de nouvelles contraintes sur la gestion des données privées, et montrer sa transparence. Mais de telles vertus ne se retrouvent pas vraiment dans la façon dont le groupe communique avec ses actionnaires. Lors de ses résultats trimestriels la semaine dernière, le réseau social a publié une hausse de 26 % de ses revenus sur un an, et même de 17 % de son résultat opérationnel en excluant cette provision exceptionnelle.
Mais le groupe est resté, comme à son habitude, beaucoup plus évasif sur les performances de chacune de ses plateformes. Il a tout au plus indiqué que 2,1 milliards de personnes utilisaient ses services chaque jour, mais sans donner le détail des trafics de Facebook, Whatsapp ou Instagram, ou de leur monétisation. Or, Whatsapp n’a pas encore vraiment trouvé de business model pour monétiser son offre, et c’est semble-t-il Instagram qui tire les revenus publicitaires de l’ensemble du groupe, avec une hausse de 44 % des dépenses au premier trimestre selon la plateforme Kenshoo. Tandis que Facebook est victime d’un phénomène de saturation et de vieillissement de sa démographie. De telles informations seraient précieuses pour valoriser le groupe pour les investisseurs, mais Facebook ne semble pas prêt à cet effort de transparence pour le moment. C’est dommage, mais la hausse de 10 % du titre le jour de ses résultats montre qu’il n’est pas – encore - au pied du mur.
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