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Politique monétaire / BCE / Elections / europe

Politique monétaire
BCE / Elections / europe

La BCE prise au piège des élections européennes

Mario Draghi va tout faire pour ne pas plomber la croissance de la zone euro d’ici au printemps, avec l’échéance des élections européennes. Car en cas de ralentissement de la conjoncture, les partis populistes risquent d'emporter encore davantage de voix.
Parlement européen - Strasbourg
Parlement européen - Strasbourg

Les gouverneurs se réunissent ce jeudi pour la traditionnelle conférence de presse post-réunion de politique monétaire, au cours de laquelle ils devraient se contenter de confirmer la fin du programme d’achats d’actifs en décembre prochain. Rappelons que Francfort a déjà diminué par trois fois le rythme de ses achats de titres depuis le début du QE, passés de 80 à 60 milliards par mois en avril 2017, puis de 60 à 30 milliards en octobre 2017 et enfin de 30 milliards à 15 milliards en septembre dernier.

La BCE a donc réduit la voilure le plus progressivement possible et devrait continuer d’agir de la sorte, notamment lorsqu’il s’agira de relever les taux. Selon les propos de Mario Draghi lui-même, les taux resteront au niveau plancher actuel au moins jusqu'à l’été 2019, voire plus longtemps si les conditions le requièrent. Et les marchés parient donc pour le moment sur un premier resserrement des taux directeurs dans un an, à l’automne 2019.

Le président devrait en tout cas rester très prudent au moins d’ici aux élections européennes et conserver un discours et une stratégie susceptibles de favoriser le plus possible la croissance de la zone euro. Pour quelle raison ? Mario Draghi craint qu’un resserrement précipité de la politique monétaire ne pèse sur la conjoncture de la zone et ne renforce les voix des partis populistes lors du scrutin européen. "Plus les conditions économiques sont difficiles, plus les partis souverainistes prennent de l’ampleur", explique ainsi Frédéric Leroux, responsable équipe Cross Asset et gérant global chez Carmignac. Car au Danemark, en France, en Hollande, en Allemagne, en Finlande, en Grèce, en Italie, en Hongrie, en Bulgarie, en Slovaquie, en Autriche et en République tchèque, les partis populistes ont tous obtenu entre 8% (pour Notre Slovaquie) et 26% (en Autriche avec le Parti de la liberté) aux dernières élections. Or selon les gérants de Carmignac, les partis nationalistes emportent traditionnellement encore davantage de voix aux élections européennes, qui donnent lieu à toutes les rancoeurs populaires contre l’Europe et où les partis populistes excellent. "Un ralentissement économique en 2019 renforcerait le risque politique pour les marchés", explique encore Frédéric Leroux.

Jeudi, le président Mario Draghi devrait donc insister sur la bonne tenue de la croissance de la zone euro malgré un début d’année plus poussif, et confirmer que la BCE se tiendra prête à intervenir en cas de ralentissement ou si l’inflation peine à accélérer. Les bons résultats de l’enquête trimestrielle sur les conditions de crédit en zone euro dévoilée ce matin sont d’ailleurs le signe que l’économie de la région devrait continuer de bien performer, malgré la crise politique et économique en Italie, soulignent les experts de Capital Economics.

Autre indicateur avancé rassurant dévoilé ce matin : l’enquête de confiance des ménages en zone euro, qui a progressé plus que ce que ne prévoyait le consensus et malgré la chute des marchés début octobre et la remontée des prix liée à la hausse du pétrole. "Sur la base des résultats de cette enquête, nous estimons que la consommation des ménages devrait accélérer de 1,4% au second trimestre à 2% sur le troisième trimestre. Ce qui nous conforte dans notre estimation de croissance de 2% cette année puis 1,8% l’an prochain", explique ainsi Melanie Debono, économiste chez Capital Economics. Des prévisions conformes à celles de la BCE qui avait revu ses chiffres en légère baisse lors de la réunion de septembre (2% contre 2,1% pour 2018 précédemment anticipé et 1,8% en 2019 contre 1,9% annoncé en juin).

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