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IPO / Donald Trump / Etats-Unis / Elections

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Donald Trump / Etats-Unis / Elections

Élections US : les marchés sont trop euphoriques

Alors que les élections de mi-mandat ont donné lieu à un Congrès divisé, les marchés rassurés ont bondi ce mercredi. Pourtant les mêmes risques subsistent, auxquels s’ajoutent des négociations musclées sur le déficit qui vont compromettre de nouvelles mesures.
Congrès US - Washington
Congrès US - Washington

Ce mercredi, Wall Street n’a pas boudé son plaisir au vu des résultats des élections de mi-mandat, qui ont permis aux démocrates de s’emparer de la Chambre des Représentants tandis que les républicains ont renforcé leur emprise sur le Sénat. Un Congrès divisé a été favorable au marché : selon Bank of America Merrill Lynch, le S&P 500 a historiquement mieux performé avec un Président républicain et un Congrès divisé, avec une performance annuelle de 12 %. "Le meilleur scénario pourrait être celui de l’impasse : faites et ne défaites rien", selon les économistes de la banque. Et le marché a affiché son satisfecit sur les résultats ce matin, le S&P affichant une hausse de 1,2 %.

Pourtant, tous les facteurs qui avaient conduit à un regain d’anxiété sur les marchés US sont toujours aussi prégnants. Donald Trump a agi depuis le début de sa propre initiative pour initier les tarifs douaniers, et devrait poursuivre sa croisade même si le Congrès ne lui est plus totalement acquis, d’autant qu’il existe un accord bipartisan sur la nécessité de prendre des mesures coercitives contre la Chine. Si bien que les pouvoirs publics chinois ont de faibles marges de manœuvre pour empêcher l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs pour le reste des 257 milliards de dollars d’importations chinoises qui ne sont pas encore impactées. Ce qui devrait continuer à peser sur les marchés. En outre, la Fed – qui donnera sa décision de politique monétaire demain – devrait continuer de mener sa politique de hausse des taux, en raison de la solidité récente du marché du travail et de l’économie américaine. Et cela, alors même que l’effet de la réforme fiscale risque de s’essouffler et qu’un deuxième train de mesures fiscales est compromis par la victoire des démocrates hier. Mais aussi alors que les espoirs de dérégulation dans plusieurs secteurs (automobile, énergie, finance) sont douchés par cette nouvelle configuration.

Outre les principaux risques existants, d’autres pourraient entrer en œuvre avec l’accession des démocrates à la Chambre, et ne sont pas actés par les marchés. En particulier, les discussions musclées en vue sur le budget, qui a nettement dérapé depuis le début du mandat de Donald Trump. Selon le Congressional Budget Office, le déficit fédéral a déjà atteint 895 milliards de dollars sur les 11 premiers mois de l’année, une hausse de 32 % sur un an en raison du coût de la réforme fiscale. Il pourrait donc atteindre les 1.000 milliards de dollars d’ici la fin de l’année, soit 2 ans avant ses projections faites en avril dernier. Ce dérapage budgétaire sera compensé par le rebond de croissance provoqué selon les républicains, un argument qui a été combattu par les démocrates.

Ces derniers se retrouvent donc dans la situation improbable de défenseurs de l’orthodoxie budgétaire, traditionnellement du domaine des républicains. Leur principale requête pourrait être celle d’un grand plan d’infrastructures mais pour ne pas creuser encore le déficit public, cette réforme devrait se faire au prix d’une hausse d’impôts sur les sociétés ou les plus riches. Ce que vont contrer bec et ongles leurs adversaires politiques. En l’absence d’accord, la seule mesure bipartisane qui pourrait être un relais de croissance économique a peu de chances de voir le jour. Mais pour l’instant, les marchés ne l’ont pas compris.

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