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Politique économique
Matteo Salvini / Italie / Elections / Dette / déficit public / commission européenne
Matteo Salvini porte le coup de grâce à l'économie italienne
Le vice-Premier ministre Matteo Salvini s'est (encore) emporté hier soir. Le chef du parti au pouvoir en Italie a déclaré que la coalition au sein du gouvernement était irréalisable après des mois de chamailleries internes. Il affirme que la seule solution est de tenir des élections anticipées. Si l’annonce a eu un effet choc, elle était prévisible eu égard à la multiplication des querelles entre la Ligue de droite et son partenaire de coalition, le Mouvement 5 étoiles.
Matteo Salvini se sent pousser des ailes depuis qu’il dispose de deux fois plus de soutien électoral que Luigi Di Maio selon les sondages d'opinion pour prendre le poste suprême. Lui qui veut impérativement "redonner le choix aux électeurs" fait un pari risqué car mettre en place des élections anticipées en août lorsque les dirigeants italiens sont en pause estivale et que le Parlement est fermé pour les vacances d'été, est inhabituelle et pourrait lui coûter sa popularité.
En tout état de cause, la nouvelle initiative du chef du parti nationaliste serait coûteuse pour l'Union, mais aussi pour l'économie italienne. Alors que les relations sont déjà tendues avec Bruxelles - qui menace d’ouvrir une procédure dite de "déficit excessif" à l’encontre du pays -, la volonté de Matteo Salvini de devenir l'unique capitaine du bateau italien décuple la méfiance de l'Europe. Car pour tenir la cible des 2 % de déficit public en 2020 imposée par la Commission européenne, le gouvernement doit encore trouver 20 milliards d’euros par rapport à son budget prévisionnel initial. Or, Matteo Salvini ne compte faire aucun effort de ce côté-là.
Le vice-Premier ministre a clairement affiché son objectif de soutenir l’économie italienne par une série de mesures onéreuses pour le contribuable italien comme des investissements en infrastructures, un allégement de la fiscalité ou encore un renforcement de la justice. Ce qui devrait naturellement faire dépasser le budget 2020 au-delà de la limite des 2 % du PIB. Limite fixée par Bruxelles qui a promis que si elle était dépassée, alors l'Italie devrait augmenter la TVA de 1 % à compter du 1er janvier pour renflouer les caisses publiques d'un montant estimé à 23 milliards d'euros. Cette hausse, si elle paraît minime à première vue, entraînera la colère du peuple et surtout devrait, selon les analystes, amputer la consommation des ménages d'au moins 0,5 point de pourcentage sur l'année. C'est aussi 0,3 point de PIB en moins selon les calculs d’Oxford Economics, ce qui amènera le pays à une récession.
Rome paye les pots cassés de l'irresponsabilité de l'un de ses dirigeants. Depuis l’ouverture des marchés ce matin, le très surveillé spread de taux (qui est l'écart entre le taux de la dette italienne et le taux allemand de référence à dix ans), s’est accru de 15,5 % à 235 points. L'Italie, qui a la deuxième dette souveraine la plus importante d'Europe ne peut pas se permettre un duel avec les marchés sous peine de faire défaut sur sa dette publique, qui dépasse déjà les 134 % du PIB.
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