Politique européenne / Italie / Giuseppe Conte / Matteo Salvini / Mouvement cinq étoiles / la ligue du nord
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Italie / Giuseppe Conte / Matteo Salvini / Mouvement cinq étoiles / la ligue du nord
Italie : Giuseppe Conte met le cap à gauche
Le Président du Conseil a mis fin au feuilleton italien qui n'aura pas manqué d'être marqué par plusieurs rebondissements. Giuseppe Conte et ses ministres fraîchement nommés ont prêté le traditionnel serment hier jurant d'être fidèles à la République, à la Constitution et aux lois. Le nouveau gouvernement, qui doit rester inchangé jusqu'à la fin de la législature en 2023, doit encore passer le cap d'un vote de confiance au Parlement.
Face à Matteo Salvini, l'homme fort de l'été en Italie, Giuseppe Conte a dû proposer une coalition entre le Mouvement 5 Étoiles et le Parti démocrate pour ne pas laisser la Ligue du Nord prendre le pouvoir. Le Président du Conseil a donc fait le choix de bouleverser l'ordre établi en remaniant l'exécutif en profondeur. Le gouvernement dispose désormais d'une large majorité pro-européenne penchant très nettement à gauche.
Le bouleversement orchestré par Giuseppe Conte a permis d'évincer Matteo Salvini du ministère de l'Intérieur malgré tout le soutien que lui témoigne le peuple dans les sondages. Pour ne pas déchaîner la colère populaire, Matteo Salvini a été remplacé par l'ancienne chef de la sécurité milanaise, Luciana Lamorgese, qui se revendique sans affiliation politique. Le Président du Conseil en a également profité pour placer son ami Luigi Di Maio, qui n'est autre que le Chef du Mouvement 5 Étoiles auquel il appartient, à la tête du ministère des Affaires étrangères faisait de lui le plus jeune nommé de l'Histoire à ce poste.
La nomination d'un gouvernement pro-européen a bien sûr rassuré Bruxelles sur l'évolution des relations avec l'Italie. C'est dans une lettre manuscrite que le président sortant de la Commission, Jean-Claude Juncker, a fait part de son enthousiasme : "L'Italie saura jouer un rôle de premier plan et être à la hauteur de ses responsabilités." Les marchés, eux, sont restés perplexes face à l'émergence d'un gouvernement très tranché idéologiquement. Si les flux d'achats et de ventes sur les obligations italiennes ont connu un pic, le solde net est resté à l'équilibre ne créant aucun mouvement sur le taux à 10 ans italien. Les investisseurs ont été partagés entre la bonne nouvelle d'un exécutif europhile qui devrait apaiser les relations avec Bruxelles et le risque de dérapage budgétaire en voyant la gauche se renforcer au pouvoir. De fait, il est peu probable que le Mouvement 5 Étoiles déploie les réformes nécessaires côté dépense publique pour atteindre la cible des 2 % de déficit annuel que la Commission impose à Rome.
La nouvelle coalition a tout de même rassuré les opérateurs financiers sur le risque de faillite du pays. Les "Credit default swap" (CDS) italien, qui sont des titres d'assurance permettant de se protéger en cas de défaut d'un pays, ont perdu près de 6 % sur la seule journée d'hier. En passant sous la barre des 150 dollars, ces produits dérivés témoignent d'un net regain de confiance des investisseurs envers la solvabilité de l'État italien.
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