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L’Italie de nouveau sans gouvernement

Politique européenne / Matteo Renzi / Matteo Salvini / Giuseppe Conte / Mouvement cinq étoiles / M5S / la ligue du nord

Politique européenne
Matteo Renzi / Matteo Salvini / Giuseppe Conte / Mouvement cinq étoiles / M5S / la ligue du nord

Crise italienne, une situation toujours sous haute tension

Avec la démission de Giuseppe Conte de son poste de président du conseil des ministres, l’Italie se retrouve sans gouvernement et les parlementaires cherchent désespérément une issue à la crise.
Rome - Italie - illustration
Rome - Italie - illustration

Giuseppe Conte l’avait promis, sa communication en tant que chef du gouvernement sera "la plus transparente de l’Histoire". Après des semaines de tensions entre ce dernier et son ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, le divorce a été officialisé mardi 20 août dernier. Deux semaines plutôt, Matteo Salvini, secrétaire fédéral de la ligue du nord - un parti d’extrême droite -, avait annoncé, sans préavis, la fin de l’alliance entre son parti et le mouvement cinq étoiles (M5S), parti du président du conseil des ministres.

C’est une mésentente concernant la future ligne ferroviaire Lyon-Turin (TAV), votée en mars 2016 sous la gouvernance de Matteo Renzi, qui a mis le feu aux poudres. Car depuis 2016, le visage politique italien a largement changé. En effet, les élections générales italiennes de 2018 avaient vu l’émergence de la coalition centre droit menée par Matteo Salvini et du M5S de Luigi Di Maio. Si les deux partis ont réussi à former une alliance gouvernementale parce que profondément europhobes, ils portent cependant des visions très différentes sur l’économie. Et c’est le projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin qui a exposé ces visions irréconciliables sur l’économie.

En février dernier, 261 députés de la majorité ont adopté une brève motion demandant au gouvernement de "rediscuter intégralement le projet TAV, dans l’application de l’accord entre l’Italie et la France". Si cette brève a été adoptée par les deux partis, c’est parce qu’elle ne donne aucun détail sur la stratégie future à adopter. Car si la ligue du nord est très favorable au projet car proche des milieux d’affaires du Piémont à qui le TAV profiterait, le M5S, parti populiste et profondément antisystème (il prônait la "décroissance heureuse"), y est opposé estimant qu’il "engraissera les riches" sans profiter au peuple. Un statu quo s’était alors mis en place puisque les forces politiques entre les deux hommes étaient équilibrées. Les travaux avaient été validés par Rome afin de préserver la participation à 40 % de l’Europe au chantier mais la procédure "pouvait être interrompue à tout moment".

Mais arrivent alors les élections européennes fin mai, et avec elles un nouveau rapport de force. La ligue du nord devient le premier parti d’Italie (34,26 %) et le M5S subi un échec sévère (17,06 %). Le jeudi 8 août, Matteo Salvini, opportuniste, annonce la fin de la coalition parlementaire, estimant que les tensions autour du TAV affectaient la relation avec le M5S. Il demande, par la même occasion, la tenue d’élections anticipées, étant assuré d’une victoire large. Le mardi 20 août, Giuseppe Conte annonçait sa démission.

En négociations depuis deux jours, les différents partis tentent à tout prix de trouver une alternative à Matteo Salvini. Le Parti démocrate de Matteo Renzi a ainsi immédiatement proposé une alliance au M5S qui n’y a pas encore répondu. Si un accord est trouvé, il devra tout de même être validé par le président de la République italienne, Sergio Mattarella, sous la forme d’une nomination. Ce dernier, de penchant social-démocrate, validera selon toute vraisemblance n’importe quelle option pour éviter de voir triompher Matteo Salvini.

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