Politique européenne / Italie / Matteo Salvini / Matteo Renzi / Giuseppe Conte / M5S / Parti démocrate
Politique européenne
Italie / Matteo Salvini / Matteo Renzi / Giuseppe Conte / M5S / Parti démocrate
L’Italie voit la fin du tunnel
En temps normal, le Président italien n’a que peu ou pas d’importance politique, son rôle étant honorifique et ses obligations représentatives. Seulement, dans la constitution italienne, c’est bien à ce dernier qu’il revient d’approuver le nouveau président du conseil des ministres. Et à la suite de la démission de ce dernier, Sergio Mattarella, douzième Président de la République d’Italie, reçoit les différents partis qui lui font leur proposition d’un futur chef de gouvernement.
La République italienne est fondée sur un régime parlementaire bicaméral. Or, au Sénat comme à la Chambre des députés, une majorité des sièges est attribuée au scrutin proportionnel plurinominal, forçant ainsi les députés de différents partis à négocier une alliance. De cette alliance ressort alors un chef de gouvernement qui doit former un gouvernement. Gouvernement dont l’Italie est dépourvue depuis le 20 août dernier à la suite de la démission de Giuseppe Conte, président du Conseil des ministres d'Italie (l’équivalent de notre Premier ministre en France), affilié au parti antisystème, le Mouvement cinq étoiles (M5S).
Cette démission est la conséquence de semaines de mésentente entre le M5S et le mouvement de la Ligue du Nord de Matteo Salvini, ce parti d’extrême droite, qui, tous deux, avaient formé une coalition après les élections législatives de l’année dernière. Puisque l'alliance s'est terminée, le parti démocrate de Matteo Renzi a immédiatement proposé un accord avec le M5S pour éviter que l’extrême droite ne prenne une place plus importante dans la gouvernance de l’Italie. Matteo Salvini a vu la Ligue du Nord devenir le premier parti d’Italie après les élections européennes et a annoncé la fin de la coalition avec le M5S en juillet dernier. Il a demandé des élections anticipées car il souhaite profiter du momentum pour augmenter le nombre de sièges attribués à son parti.
Si les discussions entre le M5S et le Parti démocrate semblent bien avancer - les formations rencontrent Sergio Mattarella ce soir -, le risque d’une dissolution du parlement reste bien réel. Or, avec le vote du budget 2020 qui arrive, la situation en cas de dissolution serait délicate. De fait, s'il n’y a pas de coalition formée, il reviendrait à un gouvernement d’intérim désigné par le Président de la République de définir les axes prioritaires d’investissements qu'il soumettrait alors au vote du parlement sans avoir de majorité.
Et après les tensions entre Rome et Bruxelles de cette année, l’Italie risque, dans ce scénario potentiel, de ne pas échapper aux sanctions imposées par l’Union Européenne. Si elle ne parvient pas à atteindre un déficit inférieur ou égal aux 2 % du PIB de 2019, exceptionnellement exigé par Bruxelles, la TVA subirait une hausse automatique (de 22 % à 25,2 %) à partir du 1er janvier 2020 prévue dans les cadrages européens pluriannuels ce qui pénaliserait la consommation et affecterait le PIB de l'année prochaine.
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