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Evenements / Vivendi / Italie

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Vivendi / Italie

La rentrée musclée de Vincent Bolloré

Dans un communiqué, Vivendi a déploré la "gestion désastreuse" de Telecom Italia par Elliott, qui a pris le contrôle du board en mai dernier. Il a ainsi recours à la technique de l’arroseur arrosé, étant donné que l’activiste avait utilisé les mêmes arguments pour prendre le pouvoir.
Vincent Bolloré
Vincent Bolloré

Le début d’année avait été difficile pour Vincent Bolloré, qui a coup sur coup subi une mise en examen dans le cadre de ses activités en Afrique en avril, et la perte du contrôle du board de Telecom Italia le mois suivant, au profit d’Elliott. Mais à l’aube de cette rentrée, il semble déterminé à relancer l’offensive sur ce terrain, en jouant cette fois avec les cartes de son adversaire. Mercredi, Vivendi est ainsi sorti de sa réserve et a publié un communiqué dans lequel il attaque frontalement l’activiste, se dit "préoccupé par la gestion désastreuse" du groupe et donne deux arguments : le titre a perdu 35% depuis début mai, lorsqu’il a pris le contrôle du board au terme d’un bras de fer d’une rare violence, mais aussi la gouvernance apparaît "défaillante", estimant que "la propagation des rumeurs, dont celle du départ du CEO, provoque des dysfonctionnements nuisibles à la bonne marche et aux résultats de TIM".

Cette rhétorique est marquante, car Vivendi reprend ici les axes d’argumentation d’Elliott il y a quelques mois. Le fonds de Paul Singer avait longuement insisté sur la sous-performance du titre Telecom Italia par rapport à ses pairs et l’indice, mais aussi une gouvernance erratique avec trois CEO en l’espace de deux ans, qui trahit un manque de vision stratégique. Ce type de critique n’est certes pas rare et compréhensible de la part de l’actionnaire principal de l’opérateur télécoms italien, qui a encore 24% des parts et dont les résultats ont été impactés par les mauvaises performances de sa filiale. Car si Vivendi a pu se réjouir de l’amélioration de ses principales activités au premier semestre, cela s’est fait au détriment de sa participation dans Telecom Italia, sur laquelle il a dû passer une provision de 512 millions d’euros en raison du risque d’exécution de son plan 2018-2020.

Il est difficile de savoir quelles sont les réelles intentions de Vincent Bolloré sur ce dossier, qui semblait passer à autre chose lorsqu’il a annoncé le rachat d’Editis fin juillet pour 900 millions d’euros. Le CEO Arnaud de Puyfontaine avait alors mis en exergue les convergences possibles entre l’édition et l’audiovisuel, notamment en réaction à la montée en puissance de Netflix.

Mais l’homme d’affaires breton, habitué aux coups de billard à trois bandes, pourrait ne pas avoir lâché son ambition de créer un groupe paneuropéen de contenus, afin de concurrencer le géant américain. Dans son communiqué, Vivendi martèle d’ailleurs qu’il "reste convaincu de l’important potentiel de développement" de Telecom Italia. De deux choses l’une donc : soit il décide de reprendre sa place et de racheter les parts d’Elliott, mais il faudra pour cela y mettre le prix. Soit il reprend une bataille d’actionnaires pour parvenir à ses fins, mais qui risque d’être coûteuse et dont l’issue est - il le sait plus que quiconque - incertaine.

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