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Taux - Dette Souveraine / Italie

Taux - Dette Souveraine
Italie

Le retour du risque italien

Le rendement des titres italiens à dix ans a atteint un plus haut de deux mois, sur fond de disputes au sein du gouvernement populiste concernant le budget. Mais aussi de craintes au sujet de la solidité des banques du pays, très exposées à la dette nationale.
Rome - Italie - illustration
Rome - Italie - illustration

Le risque italien est de retour ! En plein mois d'août alors que la liquidité est moindre, les rumeurs concernant des disputes au sein du gouvernement populiste sur le projet de loi de finances, ont fait bondir les rendements souverains de la Botte en milieu de semaine dernière, et de nouveau aujourd'hui : le dix ans du pays a ainsi atteint cet après-midi un plus haut de deux mois, et franchi à la hausse la barre des 3%, contre 2,97% en fin de semaine.

Principal facteur de ce mouvement de sell-off sur la dette italienne, amplifié par les faibles volumes échangés en cette période estivale : des tensions entre les deux partis de l'extrême de la coalition (Cinq Stelle de gauche et La Ligue du Nord) concernant le projet de loi de finances qui sera dévoilé en septembre prochain. 

Or le sujet budgétaire avait déjà paniqué les marchés au moment de l'annonce de la formation du gouvernement populiste fin mai dernier, tant les programmes économiques et fiscaux des deux partis étaient dispendieux et démesurés. Rappelons que les différentes mesures fiscales que les deux partis prévoient de mettre en place (suppression de la réforme des retraites, instauration d'un revenu universel, abaissements fiscaux massifs) augmenteraient les dépenses du pays de 60 milliards d'euros par an, soit 3,5% du PIB italien, faisant grimper la dette italienne de 132% à 150% du PIB.

Le nouveau mouvement de hausse des taux est d'autant plus inquiétant que la dette italienne est la deuxième plus élevée de la zone euro : elle a atteint l'an dernier 2.300 milliards d'euros et s'est sensiblement alourdie en 2017, de 36,6 milliards d'euros. Les investisseurs craignent sans doute que le projet de loi de finances soit encore plus coûteux que prévu, les incitant à vendre une partie de leurs titres italiens en portefeuille. Les stratégistes de la Société Générale, dont les recommandations étaient à l'achat depuis les élections, ont d'ailleurs changé leur fusil d'épaule en milieu de semaine dernière et incitent désormais à vendre la dette du pays. 

Le fait qu'au même moment, la BCE ait commencé de réduire ses achats de dette souveraine, et annoncé mi-juin qu'elle stopperait son programme d'achats d'actifs à la fin décembre, a également contribué à alerter les investisseurs, qui ne disposeront plus de la garantie d'un acheteur de poids, permettant de stabiliser le marché. 

La hausse des rendements du pays a par ailleurs affecté les banques italiennes très exposées au titres souverains nationaux : les résultats de Banca Monte dei Paschi di Siena et Banco BPM ont ainsi révélé que leurs ratios de fonds propres avaient été sensiblement affectés par la montée des taux souverains au second trimestre, causée par la crise politique italienne. Le risque d'une contagion de la crise italienne aux banques du pays, est donc également un sujet d'inquiétude auprès des investisseurs. 

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