Macro-économie / Taux / Euro/dollar / BCE / Fed / Italie
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Euro/dollar / BCE / Fed / Italie
Chute de l'euro, bonne nouvelle pour les entreprises de la zone ?
Les investisseurs et marchés ont désormais bien intégré la divergence de politique monétaire entre les États-Unis et la zone euro. Et, alors que le président de la BCE avait eu le plus grand mal à faire baisser la monnaie unique en début d'année, malgré un discours encore très accommodant, le message est visiblement passé depuis. L'euro, qui s'échangeait encore autour de 1,265 dollar début février, a même atteint la semaine dernière un plus bas de un an, à 1,13.
Il faut dire que depuis cet hiver la Fed a relevé ses taux directeur à deux reprises, en mars de 1,50% à 1,75% puis en juin de 1,75% à 2%, et devrait encore resserrer le robinet du crédit à une, voire deux reprises, comme de plus en plus d'investisseurs l'anticipent, d'ici la fin de l'année. Dans le même temps, la BCE, a certes annoncé que son programme d'achats de titres prendrait fin en décembre 2018, mais elle a surtout assuré que les taux resteraient au niveau plancher actuel jusque l'été 2019 au moins, et à condition que l'inflation ait atteint l'objectif de 2% d'ici là. Une divergence de politique qui a bien naturellement contribué à faire baisser la monnaie unique.
Mais la chute s'est accentuée depuis le début du mois d'août avec la résurgence de tensions politique en Italie. L'euro a ainsi dégringolé de plus de 3,5% en deux semaines, après que des rumeurs ont circulé concernant des divergences au sein du gouvernement populiste italien sur le futur projet de loi de finances. Dans le même temps, les investisseurs ont massivement vendu les titres souverains du pays, dont les rendements à dix ans ont franchi à la hausse la barre des 3% alors qu'ils s'échangeaient encore en dessous de 2% début juin.
La dégringolade de la monnaie unique est en tout cas une bonne nouvelle pour les grandes entreprises européennes exportatrices. Et ce coup de boost devrait leur être utile alors que le principal indice l'Eurostoxx 50, en baisse de 5% sur trois mois, a connu sa plus forte chute hebdomadaire la semaine dernière. Ainsi, selon les équipes de BNP Paribas, la faiblesse de l'euro devrait permettre de soutenir les bénéfices des sociétés européennes : rappelons qu'en termes de chiffre d'affaires, l'exposition brute hors zone euro de l'Eurostoxx 50 est estimée aux alentours de 45%, ce qui signifie que les entreprises réalisent un peu moins de la moitié de leurs ventes à l'international. Selon la banque verte, les actions Europe devraient donc progresser en seconde partie d'année, et afficher de meilleures performances que le marché américain, qui devrait ralentir du fait du resserrement monétaire. Tout dépendra cependant des facteurs qui font baisser l'euro : s'ils résultent uniquement de la divergence de politique monétaire, alors le marché actions européen devrait effectivement bénéficier de la faiblesse de l'euro. Si en revanche la monnaie unique baisse du fait d'un ralentissement économique plus prononcé que prévu en zone euro, ou de la montée du risque politique, alors les investisseurs seront sans doute plus réticents à placer leurs billes dans les sociétés cotées européennes.
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