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Euro : l’aubaine de la baisse du dollar
Pourquoi cette baisse du dollar ?
Il faut associer à la baisse du dollar de nombreuses raisons internes à la conjoncture actuelle des États-Unis. D’abord, les répercussions positives de la réforme fiscale mise en place par Donald Trump en 2018 sont en train de s’atténuer. Ensuite, les environnements politique et sanitaire très instables du pays rendent l’avenir du billet vert plus qu’incertain. La possible élection de Joe Biden, notamment, réduirait l’attrait des Etats-Unis pour les investisseurs. Enfin, les facteurs qui permettaient historiquement au dollar de rester élevé connaissent aujourd’hui des mutations : l’accord entre Washington et Pékin sur les taxes douanières influe à la baisse sur le dollar face au yuan; la politique monétaire expansionniste de la Banque centrale américaine qui a souvent eu pour conséquence, dans l’histoire, de peser à la baisse sur le dollar; enfin, les sorties de capitaux depuis les pays émergents devraient se faire beaucoup plus rares.
Exemple criant de la baisse de popularité du dollar, les banques centrales se sont beaucoup moins tournées vers la monnaie américaine au moment de la crise du coronavirus (total de 447 milliards de dollars retirés en juin) que lors de la crise financière de 2008 (583 milliards de dollars retirés en décembre 2008).
Quelles opportunités pour l’euro ?
L’euro, de son côté, remonte la pente. Même s’il baissait jeudi face au dollar, la tendance est d’un point de vue global à la hausse pour l’euro, ce dernier ayant même atteint un pic record au vu des quatre derniers mois (mercredi, l’euro avait culminé à $1,1452).
La prochaine réunion du Conseil européen (vendredi 17 et samedi 18 juillet) pourrait aboutir au plan de relance évoqué de 750 milliards d’euros, dont l’objectif principal est de redonner de la valeur à la monnaie européenne. Comme prévu, la réunion de la BCE ce jeudi 16 juillet n’a pas abouti à un changement de direction radical.
La tendance qui ressort des mesures prises par Christine Lagarde depuis le début de la pandémie marque tout de même un succès dans la compression de la prime de risque de l’euro : l’EUR/USD se négocie à un prix élevé par rapport à l’USD sur une base à court terme. Tout progrès potentiel sur le fonds de relance lors du sommet de l'UE aujourd'hui devrait se traduire par un soutien à l'EUR/USD pour le reste de la semaine.
Dans les mois à venir, il faut prévoir que le rapport EUR/USD franchisse le niveau de 1,15 cet été et se rapproche de 1,20 d'ici la fin de l'année. La faiblesse attendue du dollar américain pousse en effet le cours à la hausse.
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