IPO / Sur les marchés / Jamie Dimon / Christine Lagarde
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Sur les marchés / Jamie Dimon / Christine Lagarde
Marchés : pourquoi il ne faut pas paniquer
Alors que les marchés mondiaux étaient en pleine déroute jeudi, les plus grands dirigeants du Business Roundtable, que préside le patron de JP Morgan, Jamie Dimon, se rassemblaient à Washington pour une séance dédiée à l’innovation. Mais cela a aussi été l’occasion pour ces grandes figures d’essayer de prendre un peu de recul dans le chaos ambiant, alors que le monde entier venait d’apprendre l’arrestation de la CFO d'Huawei et voyait se profiler une guerre commerciale totale.
Ainsi dans une interview sur CNBC, le patron de la plus grande banque au monde a rappelé une réalité : la croissance économique est encore très bien orientée pour 2019. "Si vous parlez à la plupart des CEO, ils disent que leurs carnets de commandes sont bons, les bilans des consommateurs sont bons, l’économie croît, les salaires augmentent, ils sont toujours en train de recruter, et le chômage pourrait atteindre 3,3 % cette année". Et d’ajouter : "Ce que nous voyons tous, et les faits sur le terrain, c’est que nous avons toujours de la croissance en Amérique".
Même son de cloche de la part de Christine Lagarde, la directrice générale du FMI sur CNBC. "Le point de base est raisonnablement optimiste si l’on regarde les fondamentaux, l’économie et la consommation sont élevées, les chiffres sont assez bons", a-t-elle indiqué, estimant que la correction était "un peu exagérée". "Vous savez, une croissance à 3,7 % n’est pas mal du tout en réalité", a-t-elle plaidé. Qui reconnaît que les marchés sont aujourd’hui secoués par l’incertitude des tensions commerciales, et l’ampleur d’une guerre commerciale déclarée. Car les chiffres varient grandement, comme elle l’a analysé : 0,1 à 0,15 point de PIB en soi, mais il convient aussi de prendre en compte les facteurs indirects comme l’appréhension du marché et l’incertitude. Mais aussi le scénario d’une escalade totale des tarifs, qui selon les calculs du FMI, pourrait coûter jusqu’à 0,8 point de PIB d’ici 2020.
De son côté, Jamie Dimon se montre plutôt optimiste sur l’issue de cette période de 90 jours. "Je pense que le résultat probable est qu’ils fassent assez de progrès en 90 jours, et () il va être prolongé", attribuant 60 % de chances à une résolution de cette crise. D’autant que, selon son point de vue, l’arrestation de la dirigeante d'Huawei par le Département de la Justice pourrait avoir été décidée sans aucune information de la Maison Blanche.
C’est la raison pour laquelle alors que les marchés craignent que la Fed n’aille trop vite sur les hausses de taux, ce dernier se montre plus inquiet sur une action trop lente de sa part. Et de rappeler que "le monde va mieux si l’Amérique croît et que les taux montent un peu que si nous avons une récession et que les taux baissent". Enfin, à la question d’une éventuelle bulle sur le marché des prêts privés, Jamie Dimon bat en brèche les accusations, expliquant qu’il n’y a plus que 80 milliards de dollars de prêts non notés, contre 480 milliards en 2007. "Oui, il y a des prêts à effet de levier. C’est la façon dont on fait des affaires". Et de placer la menace ailleurs : "Je pense que si vous cherchez une bulle quelque part, elle serait dans les obligations d’État", car le pays doit vendre 1.800 milliards de dollars de titres. "Je ne serais pas acheteur d’obligations d’État à ces prix. Je pense sincèrement que le 10 ans devrait déjà être à 4 %". Ce jeudi, les Treasuries à 10 ans se traitaient à 2,86 % en baisse de 15 pb sur la semaine.
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