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Les milliardaires américains critiquent... le capitalisme

De grands noms comme Jamie Dimon de JP Morgan, Warren Buffett ou encore Ray Dalio de Bridgewater Associates, ont appelé ces derniers jours à réformer le capitalisme. Ils mettent en cause le creusement des inégalités, et veulent restaurer cette égalité des chances, via l’éducation et les impôts sur les plus riches.
Ray Dalio
Ray Dalio

Comme un vent de fronde parmi les milliardaires américains ? Cela paraît improbable, et pourtant, de très grands noms du capitalisme de Wall Street élèvent la voix contre un système qui a fait leur réussite. Et appellent à le réformer en profondeur pour préserver l’égalité des chances et lutter contre le creusement des écarts de richesse. Assurer la pérennité du fameux "American Dream" en somme.

En premier lieu : Ray Dalio, patron de Bridgewater Associates, le plus grand gérant de hedge fund au monde avec 150 milliards de dollars sous gestion. Vendredi, ce dernier a publié un post LinkedIn intitulé "Pourquoi le capitalisme doit être réformé" en mettant en évidence les failles du système actuel. S’il estime avoir bénéficié de cette égalité des chances via sa famille de classe moyenne et son éducation, il estime qu’aujourd’hui, le capitalisme "a évolué d’une façon qui ne marche pas bien pour la majorité des américains, car il produit des spirales ascendantes pour ceux qui ont et descendantes pour ceux qui n’ont pas, qui se renforcent chacune". Pour autant, ce dernier qui se dit "capitaliste professionnel" montre les dérives de chaque système : "les capitalistes ne savent pas bien diviser le gâteau et les socialistes ne savent pas le faire grossir". Le plus gros risque est que ce creusement des inégalités, qui atteint un record depuis les années 30, entraîne la montée des populismes à droite et gauche, puis les conflits voire les révolutions comme cela a été le cas dans l’Histoire.

Ces inégalités ont aussi leur source dans le manque d’investissement dans l’éducation publique, si bien que Ray Dalio et sa femme ont annoncé une donation de 100 millions de dollars à l’Etat du Connecticut pour l’améliorer. Parmi les solutions, le milliardaire prône de déclarer les écarts de richesse et d’opportunité comme urgences nationales et mesurer la contribution de chacun au plan individuel. Il souhaite augmenter les impôts sur tout ce qui pollue et est mauvais pour la santé. Mais aussi lever plus d’argent chez les plus aisés, pour qu’ils contribuent aux programmes sociaux et améliorent la productivité, tant que ces taxes sont elles-mêmes efficaces. Et enfin le développement des partenariats public-privé et une coordination des politiques fiscales et monétaires, pour donner de l’argent à ceux qui le dépensent plutôt qu’aux fortunés, qui épargnent.

Le son de cloche est le même venant de Jamie Dimon, le patron de JP Morgan qui s’est déjà emporté contre ces inégalités. Dans une lettre à ses actionnaires la semaine dernière, il a lui aussi pointé du doigt les dérives et proposé de relever les taxes sur les 1 % des Américains les plus riches – qui ont autant que les 90 % restants de la population. "Les plus aisés devraient se rappeler que si l’on améliore notre société et notre économie, ils seront aussi, parmi les gagnants", a-t-il écrit.

Enfin, ce refrain est bien connu de la bouche de la part de Warren Buffett, l’oracle d’Omaha. Après s’être engagé à donner l’intégralité de ses actions Berkshire Hathaway à des associations philanthropiques en 2006, il a lancé le mouvement "Giving Pledge" avec les époux Gates, incitant les milliardaires à donner 50 % de leur fortune à des fondations, dont le CEO de Facebook ou celui de Netflix. Il a régulièrement appelé à une hausse des impôts sur les fortunes supérieures à 1 million de dollars, et même un braquet supérieur pour celle supérieures à 10 millions. Des mesures proches de celles proposées par la sénatrice démocrate Elizabeth Warren ou Bernie Sanders, tous deux candidats à l’élection présidentielle de 2020. Mais qui ont, jusqu’à présent, été vivement rejetés par l’Amérique corporate.

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