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Un budget très politique pour Joe Biden / Un projet redistributif qui a peu de chance d’être adopté
Le budget 2024 proposé aujourd’hui par le président Biden a une tournure politique évidente. Il propose de financer tout un panel de mesures aux visées sociales, allant de la santé à l’immobilier, sans demander d’effort fiscal aux Américains les plus modestes.
Ses équipes ont effectivement rappelé que le président " veillerait à ce qu’aucune personne gagnant moins de 400 000 dollars par an ne paie un centime de plus en impôts. C’est exactement ce qu’il a fait et ce qu’il continuera à faire." Le message est clair et il s’agit de faire "payer aux riches et aux grandes entreprises leur juste part et en réduisant les dépenses inutiles consacrées aux grandes sociétés pharmaceutiques et pétrolières et à d’autres intérêts particuliers."
Préparer 2024
Les éléments de langage de la Maison Blanche ne se limitent pas de fait au domaine technique du financement de ce budget mais correspondent au projet politique des démocrates. Il est ainsi question "d’un système fiscal qui récompense le travail, et non la richesse, et qui garantit que les Américains les plus riches et les plus grandes entreprises ne paient pas des taux d’imposition inférieurs à ceux des enseignants ou des pompiers." Les attaques sont acerbes contre les Républicains, accusés de vouloir alourdir le fardeau de la dette américaine notamment "en accordant des cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes entreprises ".
L’administration Biden appelle également à mettre fin à la concurrence fiscale au niveau international, elle se targue d’avoir réussi à réunir "plus de 130 nations [qui] ont signé un cadre fiscal mondial pour enfin s’attaquer à ce nivellement par le bas. " Concernant les multinationales américaines, il est proposé "d’augmenter le taux d’imposition des bénéfices étrangers [de ces dernières] de 10,5 % à 21 %."
Utopique attaque
Les grandes entreprises continuent à en prendre pour leur grade avec un " budget [qui] propose de quadrupler la taxe sur les rachats d’actions, qui passerait de 1 % à 4 %, afin de remédier à l’avantage fiscal persistant des rachats et d’encourager les entreprises à investir dans la productivité et dans l’économie au sens large." C’est encore une fois la mandature de Donald Trump qui est visée, notamment en espérant abroger "les réductions d’impôts accordées par Trump aux Américains aux revenus les plus élevés, en rétablissant le taux d’imposition maximal de 39,6 % pour les contribuables célibataires gagnant plus de 400 000 dollars par an et les couples mariés gagnant plus de 450 000 dollars par an. "
Des visées électorales et fiscales auxquelles le président de la Chambre des représentants, le Républicain Kevin McCarthy, n’a pas manqué de réagir qualifiant les propositions du président Biden comme étant "totalement dépourvues de sérieux." Confirmant l’impression générale que ce premier jet budgétaire est davantage à interpréter comme une profession de foi politique qui va orienter les débats au Congrès qu’autre chose.
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