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Budget / Déficit
« L'adieu au paradis budgétaire »
"L'adieu au paradis budgétaire", titre le Tagesspiegel, alors que le ministre du Budget allemand Olaf Scholz va présenter, ce mercredi, au gouvernement de Merkel son projet de budget 2020. Avec une prévision de croissance revue à la baisse (et estimée aux alentours de 1 %), ce nouveau budget devrait marquer la fin de l'excédent outre-Rhin. Une petite révolution. Olaf Scholz devrait être amené à se servir dans la cagnotte des excédents des années précédentes. Du côté du ministère, on se veut rassurant : "nous sommes très loin d'une catastrophe, nous grandissions", a entendu le Tagesspiegel.
"Olaf Scholz sauve le zéro noir avec un tour", prévient cependant le Handelsblatt. Le "zéro noir" ou "Schwarze Null" correspond à un déficit structurel de 0 % : un équilibre budgétaire, prôné par Angela Merkel depuis plusieurs années. Mais ce coup-ci, le ministre du Budget a dû faire appel à un petit tour de passe-passe : "malgré des recettes fiscales moins élevées, il ne prévoit pas de nouvelle dette", explique le quotidien. "Il n'y parvient que par un recours à des astuces – et aux réserves".
Mais le contenu du projet est loin de faire l'unanimité parmi les membres du gouvernement. "Au sein de la grande coalition, il y a des conflits à propos de l'argent", résume Die Zeit. "Les dépenses fédérales continueront d'augmenter l'année prochaine, mais pour plusieurs ministères, la croissance sera moindre que celle souhaitée." Parmi les endroits où ça coince : la Défense et le Développement.
Quoi qu'il en soit, le Conseil allemand des experts économiques, qui rassemble cinq "sages" et conseille le gouvernement, semble donner raison à la prudence du ministre du Budget. En effet, il a revu à la baisse, mardi, ses prévisions de croissance pour 2019, misant désormais sur 0,8 % de hausse du PIB (contre 1,5 % estimé en novembre dernier). Pour 2020, il reste plus optimiste, avec un chiffre estimé à 1,7 %, rapporte notamment le site FinanzNachrichten. Les Sages mettent en garde contre "une spirale de mesures protectionnistes" qui auraient le potentiel "d'attirer l'économie allemande vers la récession", ajoute la Sueddeutsche Zeitung. Les causes ne sont pas nouvelles : toujours les tensions commerciales avec les États-Unis et les insécurités liées au Brexit, explique le quotidien. Pour 2019, le gouvernement reste sur une croissance à 1 % mais l'institut IWH, basé à Halle, évoque lui désormais 0,5 % "Les risques pour l'avenir de la croissance économique sont en ce moment très élevés", insistent les Sages.
Et visiblement, les Allemands ne sont pas les seuls à s'inquiéter… "Les Européens ont peur pour l'avenir", titre le Handelsblatt, relayant un sondage de l'Institut américain Pew Research Center publié à l'approche des élections européennes de mai prochain. C'est surtout l'avenir économique qui est au cœur des préoccupations, avec le sujet de l'immigration. Cependant, "l'UE est globalement perçue de manière positive par ses citoyens", se félicite le quotidien. L'Union est perçue comme une garantie de "paix" et de "bien-être". "Cependant, beaucoup se sentent seuls face aux problèmes du quotidien". Et les représentants politiques européens ont du mal à convaincre : en Allemagne, 46 % des personnes interrogées ont une mauvaise opinion de leurs élus européens. En France on monte même à 49 %.
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