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Politique économique / PLF / Budget

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PLF / Budget

Projet de budget pour 2019 : tout change, mais hélas, tout reste pareil

En France, le Roi est nu. Pour preuve son incapacité à faire bouger les grandes lignes de la loi de finances qui reste marquée par plus de 1.000 milliards d’euros de prélèvements, un déficit budgétaire en hausse à près de 100 milliards d’euros et des hypothèses très optimistes pour satisfaire Bruxelles.
Gérald Darmanin
Gérald Darmanin

Philippe Séguin avait raison. Lorsque j’allais régulièrement le voir dans son bureau enfumé de Président de la Cour des Comptes, il me répétait que la France n’avait plus la maîtrise de ses comptes publics. Et dès lors que plus aucun ministre du Budget ne pouvait s’adresser au Chef de l’Etat en lui disant : "Faites-moi de bonnes politiques, je vous ferai de bonnes finances" comme l’avait fait le Baron Louis avec Louis-Philippe.

Bien sûr, toutes les lois de finances apportent leur lot de nouveautés fiscales ou de priorités en matière de dépenses. Bien sûr, c’est un exercice de communication savamment orchestré qui vise à montrer que le Pays est bien tenu et que les impôts ne cessent de baisser. Bien sûr, chaque projet de budget est assorti d’un slogan pour faire passer l’aridité des chiffres. Et cette année on nous explique qu’en 2019, les finances publiques sont destinées à soutenir le travail et investir pour l’avenir.

Il reste que comme il n’y a pas de marge de manœuvre, du fait notamment de la doxa bruxelloise, tout reste pareil. Le déficit budgétaire va tutoyer les 100 milliards d’euros et atteindre 2,8 % de la richesse nationale, mais peut-être plus de 3 % si la croissance s’évanouit. On crie victoire car le taux des prélèvements obligatoires passe en dessous de 45 % du PIB. Mais cela signifie malgré tout que nous vivons dans un pays où il existe 365 impôts et taxes qui rapportent à l’Etat 1.070 milliards d’euros et qu’à la fin de l’année prochaine, la dette publique sera de l’ordre de 2.400 milliards d’euros, soit deux fois supérieure à ce qu’elle était il y a dix ans.

C’est comme cela depuis la mort de Georges Pompidou. Cela fait 45 ans que les budgets déficitaires s’accumulent, sont votés à main levée par les députés, sans que cela ne chagrine personne. Pourtant à ce rythme-là, une entreprise aurait déposé le bilan et un ménage serait en commission de surendettement. Comme disait François Hollande : "Cela ne coûte rien puisque c’est l’Etat qui paye". En fait, ce seront nos enfants et nos petits-enfants qui paieront les aberrations d’un budget dont l’intitulé vise pourtant à "investir pour l’avenir".

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