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"La France et l'Allemagne s'entendent sur un compromis pour le budget de l'euro"
Mardi, une avancée significative a eu lieu : "La France et l'Allemagne s'entendent sur un compromis pour le budget de l'euro", rapporte le Handelsblatt, alors que Bruno Le Maire s'est rendu dans la capitale allemande. "Un budget commun de la zone euro devrait promouvoir les réformes structurelles et les investissements. Mais il reste encore dépendant de certaines conditions", insiste le Handelsblatt. Le quotidien en profite pour rappeler que si la France a toujours voulu "absolument" un budget commun, il y a eu de nombreux débats car Berlin, à l'inverse, "a toujours été contre". Désormais, les ministres des Finances ont rendu public un projet de compromis de quatre pages, qui expose comment cela pourrait fonctionner. Avec notamment une double dimension : le budget de l'UE en général et celui de la zone euro, qui ferait partie du budget global, selon le document de travail franco-allemand. "Cela signifie qu'il n'y aura pas de budget de l'euro avant 2021, car il devra entrer dans le prochain cadre financier de l'UE, d'une durée de 7 ans."
Quant à l'utilisation des fonds, elle devrait à la fois permettre la mise en œuvre de réformes économiques - comme le souhaitait Berlin - et encourager les investissements, position défendue par Paris. Deux objectifs pour les deux pays, rapporte le Handelsblatt : "réduire l'écart important entre les pays de la zone euro à hautes performances et les plus endettés, à faible croissance. Et accroître la compétitivité internationale de la zone euro." Il ne reste plus qu'à convaincre les autres pays... Et notamment ceux du nord de l'Europe, assez sceptiques.
Autre avancée obtenue lors de la visite de Bruno le Maire à Berlin : un accord franco-allemand pour définir une stratégie industrielle européenne, à la suite de l'échec de la fusion entre Siemens et Alstom. Objectif : "créer des champions européens", rapporte notamment le Handelsblatt. Avec un soutien à l'industrie et des investissements pour l'innovation et un cadre réglementaire permettant la compétitivité internationale. Le ministre Français et son homologue Peter Altmaier ont insisté sur la nécessité "d'unir nos forces", relate la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le quotidien estime cependant que la prise de position des deux dirigeants a "essentiellement une signification symbolique". Car la volonté était déjà là.
Autre thématique qui agite toujours l'Allemagne : les derniers chiffres de l'Institut Ifo sur les exportations allemandes sont tombés. "L'Allemagne reste champion du monde des exportations", rapporte notamment le Spiegel. "Dans tout le pays, les entreprises et les experts économiques mettent en garde contre les risques liés aux conflits autour du commerce mondial. Mais dans les chiffres, cela n'apparaît pas forcément comme évident : les exportations sont à leur niveau élevé habituel". Selon les données publiées par l'Institut Ifo, l'économie allemande enregistre une nouvelle fois un excédent généreux en 2018. "Avec 294 milliards de dollars, il est plus grand que ceux du Japon et de la Russie réunis, qui avec respectivement 173 milliards et 116 milliards de dollars se classent au deuxième et troisième rang". Mardi, l'expert de l'Ifo Christian Grimme a ajouté que "ainsi, l'Allemagne se classe pour la troisième fois consécutive à la tête des pays".
Mais ces chiffres ne sont pas qu'une bonne nouvelle pour Berlin, estime le Spiegel. Ils "soulèvent des questions explosives politiquement : l'Allemagne, en raison de son énorme excédent budgétaire, est critiquée par le Président américain Donald Trump. Il considère que son pays est désavantagé et envisage en conséquence l'introduction de droits de douane punitifs sur les automobiles allemandes". Les estimations de l'Ifo, à l'inverse, font état d'un déficit commercial de 455 milliards de dollars pour les États-Unis, le plus important dans le monde. "Il aurait, malgré les droits de douane pour les produits chinois, augmenté de 5 milliards d'euros", poursuit le Spiegel.
Quoi qu'il en soit, le ministre Altmaier a annoncé que le plus dur allait commencer dans les négociations avec les États-Unis. Dans un entretien accordé à la radio DLF, le ministre de l'Économie a estimé que "nous ne sommes pas encore là où nous voulons être". Alors que le département américain du Commerce estime que le secteur automobile européen menace la sécurité nationale américaine et qu'un droit de douane allant jusqu'à 25 % pourrait être mis en place.
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