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Déficit public : le compte n'y est pas
Les finances publiques sont décidément un sujet très épineux en France. Si Bercy a voulu enclencher la baisse des dépenses le mois dernier en annonçant 3 milliards d’économies supplémentaires, l’exécutif a finalement choisi de capituler en renonçant à contenir le déficit public sous la barre des 2 % du PIB. Selon Bercy, le gouvernement devrait tabler sur une prévision du déficit public de 2,1 % du PIB en 2020 dans le projet de loi de finances (PLF) qui sera présenté le 25 septembre prochain.
Dans un contexte social encore marqué par la crise des gilets jaunes et mis sous-tension par l’actuelle réforme des retraites, le gouvernement veut éviter de mettre le feu aux poudres, et l'heure est aux concessions. La première tient au changement de cap du Président de la République sur l'instauration d'un âge pivot à 64 ans, préférant désormais garder une durée minimale de cotisation plutôt qu'un allongement de l'âge légal du départ à la retraite. Et maintenant, Emmanuel Macron s'oppose aux coupes budgétaires, pourtant essentielles si la France veut réduire le poids de ses dépenses publiques.
Les promesses de réduction d’impôts sur le revenu n'arrangeront rien. Le plus préoccupant reste que les 2,1 % de déficit du PIB espérés par Bercy reposent sur un scénario très optimiste. Pour atteindre son objectif, le gouvernement table sur une croissance soutenue de 1,4 % en 2020 et sur le maintien d’un environnement de taux négatifs pour réduire la charge de la dette qui devrait passer sous la barre des 35 milliards d’euros annuels. Si le pari de Bercy sur la pérennité des taux d’emprunts négatifs semble raisonnable et en accord avec le consensus des économistes, celui sur la croissance française est invraisemblable. Certes, la France a montré ses capacités de résilience cette année face à un ralentissement de l’économie mondiale mais cela grâce à un déficit public excessif qui devrait s’établir à 3,1 %, transgressant au passage les critères de Maastricht. Avec une coupe d’environ 25 milliards d’euros dans les dépenses en 2020, la croissance française a peu de chance d'atteindre 1,4 % comme le prévoient Bercy et l'Insee cette année. Et à chaque point de croissance en moins ; c'est le ratio "déficit sur PIB" qui s'alourdit.
Le PLF, dont les principales hypothèses seront étudiées cette semaine par le Haut Conseil des finances publiques, pourrait être biaisé si l'activité mondiale se montre plus capricieuse que prévu. Les derniers travaux de la Fed prouvent que la guerre commerciale a déjà coûté 0,8 point de PIB à l'économie mondiale depuis le début de l'année et ce chiffre pourrait se multiplier si les tensions étaient amenées à persister. La France, qui n’a pas encore subi l'impact négatif d'un ralentissement généralisé, finira par faiblir et cela pourrait débuter dès l'année prochaine. Car aucun pays ne peut aller à contre-courant du cycle dans une économie mondiale interdépendante.
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