Macro-économie / Taux / déficit public / Politique budgétaire / Bercy
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Le dérapage des comptes publics, une réalité
Le gouvernement français a revu de 0,1 point à la hausse sa prévision de déficit public pour 2020, passant ainsi de 2 % du PIB en avril à 2,1 % aujourd'hui, selon des chiffres publiés dimanche par Bercy. La prise en compte des mesures annoncées lors de la crise des "Gilets jaunes" aura un impact sur l'ensemble de la trajectoire des comptes publics, d’après le gouvernement. Comme l’indique Bercy, la cible du déficit public pour 2021 est de 1,7 % du PIB, puis de 1,3 % pour 2022, soit 0,1 point de plus par an par rapport aux précédentes prévisions.
Si le gouvernement affirme que le déficit public reste maîtrisé, c’est qu’il ne tient pas compte des révisions de croissance faites par la Banque de France et continue de tabler sur une hausse du PIB de 1,4 % sur les trois prochaines années. Pour le ministère de l'Économie, les mesures de baisse de la fiscalité, pour un montant total de 27 milliards d’euros sur la durée du quinquennat, ne sont qu’une histoire de vases communicants n'ayant qu’un faible impact sur les finances publiques : l’État renonce à une partie de ses recettes fiscales au profit du pouvoir d’achat des ménages qui, par le biais de la consommation, stimule la croissance, ce qui maintiendrait in fine le ratio du déficit public. Un mécanisme qui relève plus de l'utopie que du bon sens.
Pour preuve, la Cour des comptes n'a pas émis le même son de cloche. Elle qui s’inquiète du dérapage structurel de la dépense publique française, n’a pas manqué de le faire savoir au sein de son rapport de 150 pages paru la semaine dernière. La juridiction financière table sur un scénario bien plus pessimiste : le déficit public pourrait se creuser jusqu’à 2,3 % du PIB en 2020 et se résorber plus lentement que l'annonce le gouvernement si rien n'est fait sur la dépense publique. Pour le président de la Cour, Didier Migaud, le pays paye son incapacité à faire les efforts nécessaires en temps et en heure.
Pour autant, le pari fait par l'Elysée pourrait être gagnant. Non pas grâce au sérieux des dirigeants français, mais à l’étonnante résilience de l’économie tricolore. Hier encore, le pays a surpris par la santé de son industrie manufacturière, qui connaît une croissance à son plus haut niveau depuis neuf mois, selon l’indice PMI publié par IHS Markit. Qui précise que la France est l’un des seuls pays à connaître un environnement favorable à ses exportations, ce qui se traduit par une hausse de la production et des carnets de commandes.
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