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Italie : les raisons pour lesquelles Matteo Salvini a tort
Le conflit entre l’Italie et la Commission européenne ne fait que commencer. Alors que le parti nationaliste a remporté les élections européennes avec plus de 34 % des voix exprimées, Matteo Salvini a promis aux Italiens de ne pas plier face aux exigences de Bruxelles. La Commission répondra à cette provocation mercredi 5 juin. Elle qui avait déjà mis en garde le gouvernement italien mercredi dernier, en réclamant des clarifications concernant les comptes publics.
Le discours du chef de la Ligue est clair : "Je dirai à Bruxelles la semaine prochaine, 'laissez-nous faire ce que demandent les Italiens : moins de taxes et plus d'emplois' […] et s'ils disent non, nous verrons bien qui a la tête la plus dure." Matteo Salvini ne veut pas déroger de son programme, qui vise à mettre en place une réforme fiscale introduisant un impôt à taux unique de 15 %. Selon le gouvernement, cela permettrait une forte stimulation de la demande intérieure et relancerait la croissance du pays.
Mais dans ce duel européen, l’Italie semble oublier les fondamentaux économiques. Primo, le pays est extrêmement dépendant de ses exportations, qui représentent un quart du son produit intérieur brut. Donc toute relance de la demande intérieure n'aura qu'un effet moindre sur la croissance puisque la consommation a une contribution au produit intérieur brut plus faible que dans les autres pays européens.
Deuzio, les Italiens ont une propension à épargner qui est historiquement très élevée. Cela signifie qu’une hausse de leur revenu disponible se traduira par une hausse de l’épargne, sans nécessairement jouer sur la consommation. Tertio, l’économie mondiale est aujourd’hui en "soft landing", il serait donc peu judicieux que l’Italie utilise ses dernières munitions pour relancer une économie en fin de cycle. L’arme budgétaire doit être mise en place de manière contracyclique pour que son efficacité soit optimale. Rappelons que le déficit public est initialement conçu pour relancer un pays qui est en récession, ce qui n'est pas encore le cas de l'Italie... Matteo Salvini se trompe en pensant corriger les problèmes structurels à l’aide d'un instrument conjoncturel.
Le gouvernement italien veut prouver sa souveraineté à Bruxelles et décider en son âme et conscience de ce qui est bon ou non pour son pays. Mais en jouant la carte de l’obstination, l’Italie s’expose aux sanctions des marchés. Et si Matteo Salvini pense gagner face aux investisseurs, il se fourvoie. De fait, il suffirait que les taux d’intérêt sur les emprunts italiens s’envolent pour que le pays tombe en faillite, faute de financement, en raison d'une dette publique à 132,2 % du PIB.
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