Politique économique / Emmanuel Macron / Grand débat / Déficit budgétaire
Politique économique
Emmanuel Macron / Grand débat / Déficit budgétaire
La promesse oubliée d’Emmanuel Macron
Il faut relire le programme du candidat Macron. Programme élaboré à la suite d’une "grande marche" qui avait permis - déjà en 2017 - de récolter les doléances de 30.000 Français. Voilà ce qu’on pouvait y lire : "Notre approche est guidée par quatre objectifs : une dépense publique plus efficace. Nous réduirons donc la part des dépenses dans la richesse nationale à 52 % en 2022. Une baisse ciblée des prélèvements obligatoires de 1 point environ (de 44,5 % du PIB en 2017 à 43,6 % fin 2022). Ne pas réduire nos dépenses courantes et notre dette serait irresponsable pour les générations à venir. Le rétablissement de la confiance avec nos partenaires européens : en tenant nos engagements (déficit ne dépassant pas 3 % dès 2017 et atteinte, en 2022, de l’objectif à moyen terme de solde structurel soit - 0,5 point de PIB). Ces objectifs sont prudents, contrairement à ceux des autres candidats qui projettent, pour les uns, d’accroître les dépenses de manière irresponsable soit, pour les autres, d’y pratiquer des coupes excessives et irréalisables. Nous promettons ce que nous savons tenir."
Deux ans plus tard ces phrases imprimées à des millions d’exemplaires ont pris un gros coup de vieux. La dette publique a augmenté de 150 milliards d’euros en deux ans. Le taux des prélèvements obligatoires est le plus élevé de tous les pays de l’Union européenne. Le poids de la dépense publique dans la richesse nationale (de douze points plus élevé qu’en Allemagne) qui devait être réduit de 4 points ne sera finalement que dans le meilleur des cas, réduit de 2,9 points.
Mais le pire c’est le déficit budgétaire. Il est repassé en 2018 en dessous des 3 % grâce notamment à une politique du rabot qui a fait descendre dans la rue les "Gilets jaunes". De fait le 10 décembre dernier, le Chef de l’État a dû sortir un chèque de 10 milliards d’euros qui va faire repasser ce déficit budgétaire au-delà de la barre des 3 % cette année. Et dans le meilleur des cas, c’est-à-dire si la France connaît quatre années de croissance à 1,4 % de 2019 à 2022, le déficit public ne tombera qu’à 1,2 % en 2022 alors qu’il devait disparaître selon le candidat Macron de 2017. On pouvait espérer d’un inspecteur des finances, attaché à la rigueur budgétaire et à la doxa européenne, une feuille de route plus en ligne avec les promesses qui ont été faites aux Français. Voilà qui augure mal des leçons qui seront tirées du Grand débat.
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