WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Politique économique / Emmanuel Macron

Politique économique
Emmanuel Macron

Une tâche sur le « Nouveau Monde »

L’affaire Benalla réunit tous les ingrédients d’une banale affaire de barbouzerie et de circuits parallèles au sein des services de sécurité. Elle n’est ni la première, ni la dernière. Mais elle montre qu’Emmanuel Macron n’a pas su rompre avec l’ancien monde et ses pratiques. Et c’est ce qui sera le plus gênant pour lui.
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron

Depuis la publication de son livre-programme intitulé Révolution, Emmanuel Macron s’est fait le chantre d’un « Nouveau monde ». Et c’est sur cette idée de faire enfin entrer la France dans ce Nouveau Monde qu’il a été élu Chef de l’État. Ce nouveau monde, n’est pas seulement fait de start-up, d’intelligence artificielle, de digitalisation accrue de l’économie. Non il y avait une grande partie de son livre consacré au renouvellement des mœurs politiques, de la pratique du pouvoir, et de la volonté de transparence.

Il n’est pas question ici d’entrer dans les détails scabreux de l’affaire Benalla et de la pénible défense du ministre de l’Intérieur, ce matin en Commission des Lois - qui n’a rien trouvé de plus élégant que de lâcher le Préfet de Police de Paris. Ce qui ressort de cette affaire, mais surtout des suites de cette affaire, jusqu’à la défense des plus proches du Président de la République, et du Chef de l’État lui-même, c’est que la France a très vite renoué avec les pratiques de l’ancien monde.

Cachotteries pendant plus de deux mois d’une affaire remontant au premier mai, distribution de prébendes (appartement de fonction Quai Branly, salaire de 10.000 euros par mois, grade de lieutenant colonel pour un gamin de 26 ans, tentative avortée de le nommer sous-préfet…), tous les ingrédients d’une France monarchique qui considère n’avoir pas de comptes à rendre sont réunis.

Depuis un an les milieux économiques ont cru de toute leur force à cette volonté d’établir un nouveau rapport de confiance entre le Chef de l’État et les Français. C’est ce qui a permis à l’économie de connaître un second semestre 2017 sur les chapeaux de roue. Le problème de la confiance, c’est qu’elle arrive au pas et qu’elle repart au galop. Et cette tâche sur le Nouveau Monde, sur la République irréprochable, sur le pouvoir exemplaire d’Emmanuel Macron, risque fort d’abîmer cette notion de confiance qui était si importante pour les milieux économiques.

Il suffirait maintenant que l’affaire Köhler, qui est aujourd’hui dans les mains du Parquet National Financier, débouche sur des révélations peu fameuses, pour que le quinquennat d’Emmanuel Macron se trouve sérieusement ébranlé. Ce serait bien dommage, tant les réformes effectuées depuis un an sont importantes, incontournables et vont changer la face du Pays. Mais cela fait plus de deux millénaires que nous savons tous que « même la femme de César doit être irréprochable ».

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article