Politique européenne / Emmanuel Macron
Politique européenne
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron "dans un marathon inconfortable"
« Le président qui ne peut pas épargner ». La Sueddeutsche Zeitung (SZ) consacre un article très critique au Président français Emmanuel Macron, expliquant : « Non seulement le Président français économise trop peu, mais en plus il économise mal : il s'intéresse à ceux qui n'ont, de toutes les façons, rien ». Au passage, la SZ estime que « la situation devient plus lourde, plus exigeante » pour Emmanuel Macron, après « une première année de mandat qui peut-être vue comme un succès ». La seconde, cependant, est davantage un « marathon inconfortable », en raison du départ du ministre de l'Ecologie et de la transition énergétique, « le plus populaire membre du gouvernement » mais aussi parce que « la croissance économique ralentit ».
Résultat : « dans la pire tradition française, le gouvernement de Macron abandonne rapidement ses objectifs de réduction de la dette : le déficit public ne va pas chuter comme prévu initialement ; en 2019, il devrait même augmenter même s'il devrait rester en-dessous de la limite de 3% imposée par l'Union européenne ».
Il n'en fallait pas moins pour que le journal l'affirme : « Macron n'épargne pas assez ». « Et quand il le fait, il le fait mal. Macron est exceptionnellement timide – et en plus, injuste ». Là où il devrait diminuer les dépenses étatiques en redéfinissant les responsabilités, « Macron se montre sans imagination et sans courage ». La SZ lui reproche de couper les retraites et les aides sociales, ce qui ne suffira pas : il faudrait « réduire le nombre de fonctionnaires », note par exemple le quotidien. Si dans son pays, il est considéré comme « le président des riches » par ses opposants, « en Europe, en revanche, lors de la prochaine crise économique, il pourrait apparaître comme le président qui a promis une nouvelle France mais, en raison de réformes infructueuses des structures étatiques, retombe dans l'ancienne politique de la dette ».
Quoi qu'il en soit, la France ne semble pas avoir tout perdu, puisque, rapporte le Handelsblatt, Paris gagnerait des points comme place financière pouvant remplacer Londres après le Brexit... Selon Hubertus Väth, qui défend Francfort sur ce terrain, « Paris s'est transformé en un concurrent sérieux ». Notamment en accueillant l'Autorité bancaire européenne. Et grâce au soutien d'Emmanuel Macron aux entreprises de la finance.
Pendant ce temps-là, l'Allemagne souffre, elle, de la guerre commerciale avec les États-Unis. Ainsi, le Spiegel rapporte que « la métallurgie allemande souffre des droits de douanes américains ». L'hebdomadaire affirme que la politique de Trump « fonctionne » : « selon un sondage dans le secteur, de nombreux entrepreneurs de la métallurgie allemande tablent sur une baisse des ventes. » Trois mois après la mise en place de la mesure par Donald Trump, ses conséquences commencent donc à se faire sentir outre-Rhin. Le président de l'association des patrons de l'aluminium, Martin Iffert, « met en garde contre 'une aggravation de la situation concurrentielle' ». Les importations de pays tiers (Chine, Turquie, Russie, selon les secteurs) augmentent en effet fortement.
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