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Politique économique / Emmanuel Macron / Réforme / Contrat

Politique économique
Emmanuel Macron / Réforme / Contrat

Vers un système de malus pour lutter contre les contrats courts ?

Lors de la grande réunion qui s’est tenue à l’Elysée en présence de l’ensemble des représentants des partenaires sociaux, Emmanuel Macron a promis de davantage tenir compte des corps intermédiaires, mais n’a rien lâché sur la prochaine réforme : celle de l’assurance-chômage.
Emmanuel Macron - ordonnances - travail - réformes
Emmanuel Macron - ordonnances - travail - réformes

A priori tout le monde était heureux en sortant hier de l’Elysée où le Chef de l’Etat avait convié l’ensemble des partenaires sociaux, patronat et syndicats. Il faut dire qu’après avoir passé la première année de son quinquennat à tordre le bras des corps intermédiaires, Emmanuel Macron a promis, dorénavant, de tenir compte davantage de leur avis. Et puis il a fixé le calendrier de ses prochaines échéances avec la réforme de l’assurance-chômage à la rentrée, le bien-être au travail ensuite et la grande réforme des retraites, au tout début de 2019.

Le premier sujet, que le Président de la République avait déjà laissé entrevoir lors de son discours au Congrès, risque de créer quelques frottements au sein du patronat, dans la mesure où le but est clairement de s’attaquer aux contrats courts, voire à l’ensemble des contrats à durée déterminée. L’Elysée a constaté que les chiffres du chômage n’étaient pas si bons que cela au premier semestre. Il veut donc mettre l’accent sur le retour à l’emploi des chômeurs de longue durée. A plusieurs reprises, selon les informations recueillies par WanSquare, il a dit vouloir s’attaquer à la permittence, système qui permet aux entreprises comme aux salariés de profiter des faiblesses de notre assurance-chômage. Ce qui coûte pas moins de 4 milliards d’euros par an à l’Unedic.

C’est aussi une idée du Prix Nobel d’Economie, Jean Tirole, qui explique qu’à juste titre, ce sont les entreprises qui embauchent qui paient (en cotisations patronales) pour celles qui licencient ou n’utilisent que des contrats courts. D’où l’idée d’instaurer un bonus pour les premières et un malus pour les secondes. Cette idée, qui figurait déjà dans le rapport Camdessus, fait bondir Geoffroy Roux de Bézieux, surtout depuis qu’il a endossé le costume de Président du Medef. Car le patronat, dans sa version classique tient à garder intact l’usage des CDD.

Mais ce débat n’est-il pas déjà dépassé, à l’heure de la robotisation, de l’ubérisation du travail, de l’intelligence artificielle, du télétravail? Et ne faudrait-il pas plutôt que de s’attaquer aux seuls CDD, qui sont utiles à des industries comme le bâtiment ou l’automobile, élaborer un nouveau rapport contractuel au travail. C’est sans doute à cela que pensait Emmanuel Macron en parlant, il y a dix jours, de nouveau contrat social. Cette fois-ci, ce n’est pas avec le gouvernement que la partie sera dure, mais entre partenaires sociaux. Et les vaincus de l’automne dernier entendent bien prendre leur revanche sur le camp libéral et patronal.

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