WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Politique économique / Réforme / politique fiscale / Etats-Unis

Politique économique
Réforme / politique fiscale / Etats-Unis

Réforme fiscale US : toujours plus de cadeaux… à crédit

Le Congrès américain planche sur un second projet de réforme fiscale axé sur les individus, censé améliorer encore la croissance mais qui revient aussi à creuser davantage le déficit public. L’objectif est clair : amadouer les Américains avant les élections de mi-mandat.
Congrès US - Washington
Congrès US - Washington

Les bonnes nouvelles s’accumulent pour l’économie américaine : ce matin, les chiffres de l’emploi ont encore été excellents, avec 201.000 créations d’emplois au mois d’août et un taux de chômage à 3,9%. Surtout, les salaires ont accéléré, avec une croissance à 2,9% en rythme annuel, soit la plus forte progression depuis 2009, ce qui devrait conforter la Fed dans la poursuite de la hausse des taux ce mois-ci. Le coup d’accélérateur de l’économie et de l’emploi américains est bien sûr lié à la réforme fiscale passée en fin d’année dernière, mais le Congrès compte aller encore plus loin : le porte-parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, a annoncé qu’elle allait voter une deuxième phase de loi fiscale en septembre, cette fois axée sur les particuliers et censée apporter le soutien des Américains, à deux mois des cruciales élections de mi-mandat.

Le projet de loi reprend les principaux cadeaux fiscaux faits aux individus l’an passé : les baisses de taux, le doublement du crédit d’impôt pour un enfant, ou encore la possibilité de déduire 10.000 dollars de ses impôts locaux de sa facture fédérale. Ces concessions étaient censées durer jusqu’en 2025, mais la loi les rendrait permanentes. Elles auraient aussi pour but d’encourager l’entrepreneuriat en permettant de déduire davantage de frais de start-up, ou encore d’inciter à l’épargne avec des plans de pension plus abordables. Mais cette réforme fiscale 2.0 a un coût : 627 milliards de dollars rien que pour rendre les déductions d’impôts permanentes !

Ce projet a peu de chances de passer au Sénat, où les républicains sont moins majoritaires qu’à la Chambre, d’autant que des sénateurs républicains s’étaient opposés au principe des déductions l’an passé. Mais cette nouvelle mouture a aussi pour but d’amadouer les Américains, mettre en avant la forte croissance - 4,2% au deuxième trimestre, un record de quatre ans - et leur promettre de meilleurs jours encore, avant les échéances électorales de début novembre.

Les démocrates vont quant à eux pointer la menace prégnante du déficit, qui selon le bureau budgétaire du Congrès, va atteindre 1.000 milliards de dollars d’ici 2020, alors que la dette culmine déjà à un montant de 21.000 milliards de dollars. L’agenda du Congrès est bien rempli au mois de septembre puisqu’outre cette nouvelle loi, il doit enfin voter sur le budget fédéral afin d’éviter un "shutdown" d’ici fin septembre. Même si Donald Trump a déjà répété à plusieurs reprises dans les médias que "si cela doit arriver, cela arrivera".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article