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Politique économique / Donald Trump / politique fiscale

Politique économique
Donald Trump / politique fiscale

Coupes fiscales : le nouveau coup d’esbroufe de Donald Trump

A deux semaines des élections de mi-mandat, le Président américain a annoncé par surprise de nouvelles réductions d’impôts pour les classes moyennes, alors que le Congrès est suspendu jusqu’aux élections. Une manœuvre purement politique, qui montre que la réforme fiscale n’a pas bénéficié à l’américain moyen.
Donald Trump
Donald Trump

Donald Trump n’est pas à une incohérence près, et il vient encore de le démontrer. A la surprise générale, il a annoncé samedi qu’il étudiait un nouveau plan de coupes fiscales en faveur de la classe moyenne américaine, et que les députés républicains étaient en train de travailler dessus, et pourrait être annoncé le 1er novembre. Mais cette annonce a semble-t-il désarçonné ses proches car le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin, artisan de la réforme fiscale passée en fin d’année dernière, n’a pas donné davantage de détails, et un lobbyiste républicain cité par Bloomberg indique n’avoir eu connaissance d’aucune nouvelle mesure fiscale de la Maison Blanche. Surtout, même si elle était dévoilée rapidement, une telle loi ne pourrait être votée avant les élections de mi-mandat, étant donné que le Congrès est suspendu jusqu’à cette date.

Cette sortie relève donc d’une manœuvre politique, d’autant que le budget fédéral n’a rien prévu concernant une éventuelle coupe d’impôts pour la classe moyenne. Certains républicains, à l’image du sénateur Thom Tillis de Caroline du Nord, ont plaidé qu’elle pourrait être financée par le rebond de croissance engendrée, mais la réforme fiscale de fin 2017 montre qu’il s’agit d’un "whishful thinking" : la croissance américaine a été ramenée de 2,7 à 2,5% pour 2019 par le FMI, et le déficit fédéral a atteint un plus haut de six ans au troisième trimestre 2018.

Ce coup d’esbroufe démontre en réalité que le gouvernement, à un jet de pierre d’une élection cruciale pour garder le contrôle du Congrès, est particulièrement fébrile. Car il semblerait que la réforme fiscale passée en fin d’année dernière n’ait pas bénéficié au plus large nombre d’américains, et les candidats républicains ne peuvent l’utiliser comme argument de poids pour engranger des voix. Selon le Tax Policy Center, ce grand pan législatif a rapporté 930 dollars par an, soit 78 dollars par mois, pour un foyer moyen de la classe moyenne. Un coup de pouce dérisoire si on le compare par exemple à la hausse de 35% du prix de l’essence depuis le début de l’année.

Surtout, cette loi a permis à des grandes entreprises comme Walmart, American Airlines, Disney ou Bank of America de payer des bonus exceptionnels à ses employés, dont ils ne ressentiront plus les effets dès l’année prochaine. Et la loi prévoit des fourchettes basées sur l’inflation, mais aussi des réductions limitées dans le temps à 2025, et que le Sénat se refuse à prolonger à plus long terme. Résultats, les Américains se sentent délaissés : selon un sondage Gallup le mois dernier, 46% désapprouvent cette loi contre 39% qui s’y déclarent favorables. Des opinions que les républicains ont entendues, et qu’ils cherchent aujourd’hui à parer avec cette réforme "pochette surprise".

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