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La France va devoir émettre 20% de dette en plus cette année

Taux - Dette Souveraine / dette publique / PLF

Taux - Dette Souveraine
dette publique / PLF

La France va devoir émettre 20 % de dette en plus cette année

L'Agence France Trésor a ajusté son programme d'émissions pour tenir compte du PLFR et des nouvelles dépenses budgétées. C'est désormais 245 milliards que la France devra émettre en 2020, contre 205 initialement.
Salle des marchés de l’AFT - Agence France Trésor - obligations souveraines
Salle des marchés de l’AFT - Agence France Trésor - obligations souveraines

Face à l'ampleur de la crise économique engendrée par l'épidémie de Covid-19, le gouvernement a revu à la hausse son programme de soutien et dévoilé hier un second projet de loi de finances rectificative pour en tenir compte. Car c'est désormais plus de 110 milliards d'euros qui seront mis à disposition des entreprises et individus les plus affectés par la crise, contre un programme initial de 45 milliards. Conséquence directe de ces dépenses supplémentaires : le déficit et la dette français devraient respectivement atteindre 9 % et 115 % du PIB. Autre implication de ce nouveau programme de dépenses, les besoins de financement de l'État vont augmenter. L'Agence chargée de la gestion de la dette française a donc elle aussi dû revoir son programme d'émissions.

Ainsi, l'AFT a annoncé qu'elle émettrait cette année pour 245 milliards d'euros de titres à moyen long terme, contre 210 milliards annoncés après le premier PLFR du 23 mars, et 205 milliards initialement prévus. La France devra donc émettre près de 20 % de titres de plus à moyen long terme que ce qu'elle avait annoncé fin décembre 2019, lors de la publication initiale du programme indicatif de financement de l'État pour 2020.

Pour le moment, l'Agence France Trésor n'a pas modifié son calendrier initial d'émissions, ni précisé si de nouvelles souches seraient créées. Et s'est contentée de déclarer qu'elle étudierait "au cours des prochaines semaines avec les spécialistes en valeurs du trésor la meilleure manière de réaliser ce programme de financement révisé." Concrètement, les adjudications de long terme continueront d'avoir lieu le premier jeudi de chaque mois et celle de moyen terme et indexées le troisième jeudi du mois, comme le précise le calendrier disponible sur le site de l'AFT. Ainsi, la France a levé ce matin pour près de 10 milliards d'OAT à moyen terme et pour 1,08 milliard d'euros d'OAT indexées. Par ailleurs, la France continuera de procéder à ses adjudications de court terme, qui servent d'amortisseur financier pour l'État, tous les lundis.

Si le calendrier n'a pour l'instant pas bougé donc, les montants émis lors des adjudications vont naturellement augmenter afin de financer les besoins supplémentaires de l'État. Ainsi, l'AFT a annoncé qu'elle émettrait cette année pour 245 milliards d'euros de titres à moyen long terme, contre 210 milliards annoncés après le premier PLFR du 23 mars, et 205 milliards initialement prévus. La France devra donc émettre près de 20 % de titres de plus à moyen long terme que ce qu'elle avait annoncé fin décembre 2019, lors de la publication initiale du programme indicatif de financement de l'État pour 2020.Ainsi, l'AFT a annoncé qu'elle émettrait cette année pour 245 milliards d'euros de titres à moyen long terme, contre 210 milliards annoncés après le premier PLFR du 23 mars, et 205 milliards initialement prévus. La France devra donc émettre près de 20 % de titres de plus à moyen long terme que ce qu'elle avait annoncé fin décembre 2019, lors de la publication initiale du programme indicatif de financement de l'État pour 2020

"Sans modifier le calendrier des émissionsles fourchettes de volumes lors des adjudications vont nécessairement augmenter Il est important de naviguer sans brutalité  comme à l’accoutumée, en donnant rendez-vous aux marchés de façon régulière et après avoir consulté les SVT avant chaque adjudication la semaine précédente.", commente une responsable de l'AFT. Ainsi, l'AFT a levé pour quasiment 8 milliards d'euros de titres à court terme ce lundi, contre 5 à 6 milliards l'an dernier à la même période. "Afin de couvrir le besoin de financement en hausse de 76,5 milliards d’euros, l'encours de titres de dette à court terme va lui aussi augmenter de 34,6 milliards d’euros supplémentaires par rapport à la première loi de financement rectificative", précise la responsable. Selon le nouveau programme de financement dévoilé hier, les émissions de court terme devraient atteindre 62,1 milliards d'euros cette année, contre 27,5 milliards prévus après le premier PLF et 10,5 milliards annoncés fin décembre.

Faut-il pour autant s'inquiéter de cette forte hausse des émissions françaises, et la dette de l'Hexagone va-t-elle réussir à être écoulée aussi facilement vu les circonstances ? La France a émis l'an dernier pour 246 milliards d'euros bruts à moyen long terme soit 200 milliards nets et 46 milliards d'euros de rachats de titres. Elle est donc capable d'émettre des volumes aussi importants. Sachant que si le programme net est fixé par avance, il n'y a en revanche pas de cible de volume de rachats à réaliser. L'AFT pourrait donc jouer sur les volumes de rachats qu'elle effectuera cette année. Par ailleurs, la dette de la France reste l'une de celles considérées comme les plus sûres par les investisseurs, malgré l'impact du programme de soutien de 110 milliards sur les finances publiques de l'Hexagone. L'OAT tout comme le Bund devraient conserver leur statut de valeur refuge, tous les États ayant pris le même type de dispositifs d'urgence.

Certes, les rendements français risquent d'augmenter un peu : le taux à dix ans des obligations françaises est repassé en territoire positif depuis le 13 mars au moment où le Vieux Continent est devenu l'épicentre de l'épidémie et peu de temps avant les annonces liées au confinement. Mais après avoir atteint un pic de 0,35 % le 18 mars suite à la première intervention ratée de Christine Lagarde, le taux à dix ans a de nouveau baissé, lorsque la BCE a finalement annoncé un programme d'achats de titres souverains de très grande ampleur. Le rendement de l'OAT dix ans est ainsi désormais situé autour de 0,058 %. Ce qui reste un niveau historiquement bas et devrait le rester tant que la BCE abondera le marché. La France a d'ailleurs déjà émis pour 70 milliards d'euros à moyen long terme au premier trimestre à un taux moyen pondéré de -0,07 %. En 2019 ce taux avait atteint 0,11 % sur l'année.

Selon le PLF initial, la prévision actualisée de la charge de la dette pour 2019 est de 40,4 milliards d'euros. Elle a été revue à la baisse dans le nouveau projet de loi, la charge étant désormais prévue à 36,6 milliards notamment en raison de la baisse de l'inflation.

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